J. Cole au Centre Bell le 25 juillet 2026
J. Cole n’a jamais été un artiste qui mise sur le spectaculaire, mais plutôt sur l’authenticité et la connexion réelle. Son passage au Centre Bell, dans le cadre de The Fall-Off World Tour, l’a prouvé une fois de plus.
Le spectacle débute alors que J. Cole, le capuchon de son hoodie sur la tête, est assis au milieu de la foule pour interpréter 39 Intro, tirée de son dernier album, The Fall-Off. Il chante le début de la chanson assis sur un banc, tranquillement, avant de se diriger vers la scène en rappant et en serrant la main de tous les membres du public sur son passage.
Il enchaîne ensuite avec plusieurs pièces de The Fall-Off, prenant le temps de raconter le contexte derrière cet album qui marque une étape importante de son parcours. Un album annoncé comme son dernier, l’album-somme de toute sa carrière. Malgré l’immensité du Centre Bell, il réussit à rendre chaque moment étonnamment intime, comme s’il nous accueillait directement chez lui, à Fayetteville.
On ne se retrouve pas devant une production remplie de feux d’artifice ou d’effets tape-à-l’œil. La scénographie est plutôt sobre, mais parfaitement à l’image de J. Cole. En arrière-plan, on retrouve le Market House, bâtiment emblématique de sa ville natale de Fayetteville, tandis qu’une Honda Civic, clin d’œil à l’époque où il vendait ses CD dans son coffre, occupe le centre de la scène. On est vraiment dans son univers.
Visuellement, le spectacle impressionne surtout grâce à son remarquable travail de réalisation vidéo. Les images projetées sur les écrans sont d’une qualité cinématographique impressionnante. Même sa tenue vestimentaire s’inscrit dans cette idée d’authenticité, celle d’un rappeur qui refuse l’image de la vedette inaccessible. En shorts et en t-shirt, il est tout simplement habillé comme s’il s’en allait jouer une partie de basketball entre amis.
Pendant environ deux heures, le rappeur offre un spectacle d’une générosité impressionnante, enchaînant une trentaine de chansons sans jamais perdre l’attention de la foule.
Il nous offre évidemment plusieurs morceaux de The Fall-Off, mais replonge aussi dans son passé en allant piger notamment dans plusieurs titres de 2014 Forest Hills Drive, son album le plus acclamé. Il remonte encore plus loin lorsqu’il interprète 2Face, un morceau peu connu tiré de sa mixtape Friday Night Lights, parue en 2010. Il explique qu’il voulait pouvoir jouer, dans un aréna rempli, une chanson qu’il avait écrite lorsqu’il était jeune, sans argent et loin d’imaginer qu’il remplirait un jour ce genre de salle. Un moment qui résume bien le parcours qu’il célèbre tout au long de la soirée.
À quelques rares reprises, les caméras quittent J. Cole pour montrer les musiciens, le DJ et les choristes dans les coulisses. Deux guitaristes rejoignent le rappeur sur scène pour la fin de The Let Out. La chanteuse PJ fait une apparition rapide sur scène pour interpréter son couplet sur Legacy.
Autrement, J. Cole demeure pratiquement seul sur scène pendant toute la soirée. Et c’est exactement ce qui fait la force du spectacle. Sa présence suffit. Il semble rapper réellement chacune de ses lignes, sans s’appuyer sur des pistes vocales préenregistrées, comme c’est devenu si courant aujourd’hui dans les concerts de rap. Son aisance est telle qu’il est capable de faire chanter un Centre Bell au complet sur Love Yourz, par exemple, tout en restant assis.
Après le succès Role Modelz, la soirée se termine sur une chanson très personnelle, Quik Stop, où toute l’attention repose sur les paroles, interprétée ici avec beaucoup d’émotion. Sans artifices, J. Cole clôt le concert de la même manière qu’il a mené toute sa carrière: avec authenticité, en laissant ses textes parler. Au final, The Fall-Off World Tour ressemble moins à une tournée promotionnelle qu’à une rétrospective de son parcours. Un spectacle généreux, profondément humain et fidèle à l’artiste qu’il est devenu.
Liste des chansons
- 39 Intro
- Two Six
- SAFETY
- Run a Train
- Poor Thang
- Legacy
- A Tale of 2 Citiez
- Fire Squad
- WHO TF IZ U
- Old Dog
- Raise Up (de Petey Pablo)
- Middle Child
- a lot (de 21 Savage)
- Johnny P’s Caddy (de Benny the Butcher)
- Lights Please
- 2Face
- In the Morning
- Nobody’s Perfect
- Work Out
- Can’t Get Enough
- The London (de Young Thug)
- She Knows
- Dum n Bass / The Let Out
- Bombs in the Ville / Hit the Gas
- Wet Dreamz
- G.O.M.D.
- Life Sentence
- Love Yourz
- Power Trip
- Planez (de Jeremih)
- No Role Modelz
- Quick Stop