Le Festif! de Baie St-Paul | Flore Laurentienne + Adrian Quesada’s Trio Asesino + Interdit Les Chiens + Fulu Miziki + The Mummies Les Goules + Malaimé Soleil + Heavy Lungs
Ça fait des grosses journées de festival quand ça commence en début d’après-midi. Voici mon périple à travers le Festif! de Baie-St-Paul hier!
Après une première journée frisquette, le soleil était au rendez-vous pour cette troisième journée du Festif! de Baie St-Paul où j’ai fait de belles découvertes, notamment avec le trio Interdit les Chiens qui lancera un premier album en septembre, les grooves d’Adrian Quesada et son trio Asesino, la beauté de Flore Laurentienne, j’ai groové sur les airs de Fulu Miziki, j’ai été impressionné par les vétérans de The Mummies, retrouvé avec plaisir Les Goules, toujours aussi coloré, pris la mesure de la popularité de Malaimé Soleil avant qu’Heavy Lungs mette le dernier clou dans le cercueil de ma journée.

Flore Laurentienne
C’est sous un grand soleil qui plombait, et qui invitait à chercher de l’ombre, que j’ai vu Flore Laurentienne accompagné d’un quatuor à cordes et d’Antoine Létourneau-Berger. C’est la première fois que je le voyais dans cette configuration qui compte sur l’addition de percussions, dont un instrument atypique qui ressemble un peu à un marimba, mais modifié. C’était une couleur intéressante pour les pièces de Flore Laurentienne. D’ailleurs, Mathieu David Gagnon était lui-même sous un parasol pour protéger ses claviers. Il nous a expliqué que trop de chaleur pouvait dérégler les configurations des synthétiseurs. Je suis arrivé alors que le concert était déjà en marche, mais j’ai eu le plaisir d’écouter Navigation IV et VII ainsi que Fleuve I et VII. Des moments magnifiquement doux pour commencer la journée.

Adrian Quesada’s Trio Asesino
Avec son duo Black Pumas, Adrian Quesada s’est déjà taillé une forte réputation, accumulant les nominations aux GRAMMYs et tournant dans les festivals à travers le monde. Depuis 2022, il fait aussi des projets en solo qui retienne l’attention. C’est le cas de son Trio Asesino, qui est composé de Joshy Soul aux claviers (qui a joué avec Curtis Harding, notamment) et Jay Mumford à la batterie. Le trio propose un mélange de R&B, de musique mexicaine et de rock psychédélique. Ça donne parfois des résultats pas très loin du thème de la série Narcos, mais en vraiment plus buzzée. Les grooves sont toujours convaincants et viennent nous chercher dans les trippes. J’ai passé un très bon moment avec le trio.

Interdit les Chiens
En fin d’après-midi, je me suis rendu à l’Auberge des Balcons pour entendre pour la première fois Interdit les Chiens. Ce projet mené par trois vétérans de la scène musique québécoise : Charles Blondeau et Cédric Martel, ex-Mauves et Simon Trottier, ex-Timber Timbre, était prometteur sur papier. Et je n’ai pas été déçu! Le projet majoritairement musical tire des inspirations du rock alternatif des années 90. On entend parfois un peu de Helmet dans la manière que la batterie a un rythme carré martelé, parfois, on glisse plus dans le noise rock de Sonic Youth. Un premier album de la formation est à venir en mai, nous a-t-on dit lors de la présentation du groupe, et des vinyles étaient même disponibles sur place. Ce n’était que leur deuxième show en carrière et c’était déjà très solide. À surveiller cet automne.

Fulu Miziki
J’ai eu le luxe de regarder le concert de Fulu Miziki en soupant sur la terrasse de la Microbrasserie de Charlevoix. Une chance, parce qu’il y avait foule à la scène de la même microbrasserie. Le groupe congolais aux instruments et aux costumes, fait de matières recyclées qui étaient vouées à l’enfouissement, a mis le party dans Baie St-Paul. Les rythmes étaient soutenus pendant l’heure et demie de leur concert. Avec leur proposition qui mélange rumba congolaise, musiques alternatives et de la musique électro-pop africaine, on se retrouve au confluent de nombreux genres dansants que le groupe livre avec un dynamisme absolument extraordinaire. Ça tape fort sur les congas, ça joue avec entrain et ça fait tout son possible pour que les bassins se libèrent. Ce qui est évidemment arrivé.

The Mummies
Quoi dire de plus que : c’est quatre dudes de San Francisco habillés en momies qui font du rock garage en s’efforçant d’avoir des instruments qui ne valent pas grand chose. Et ça donne un résultat absolument délicieux. Bruyant, dynamique, effronté, les Mummies ont démontré pourquoi il est un groupe légendaire de la scène garage américaine. La prestation a filé à haute vitesse pendant que le groupe livrait ses succès, dont The Fly et I’m Gonna Kill My Baby Tonight. À travers les pièces, le groupe fait aussi quelques reprises de groupes, dont DEVO. Un feu roulant de pièces qui rockent et un Trent Ruane en pleine forme qui a harangué la foule à de nombreuses reprises. Il a notamment clamé tout le long que c’était gratuit pour entrer au Garage du Curé, mais que la formation allait charger 40$ par tête qui voulaient quitter. C’était vraiment très bon. Je suis content d’avoir eu le privilège de voir ces légendes.

Les Goules
Tant qu’à faire, je suis resté dans le domaine des groupes punks qui se déguisent. Keith Kouna, Rabin Kramaslabovitch et tout le reste de la bande n’ont pas niaisé avec la puck. Dès les premières notes, on a compris que ça allait être du sérieux avec Taupe et la foule qui chantait à tue-tête avec Kouna : « Moé j’ai ma taupe dans police ». Entre les pièces, des accompagnateurs du groupe venaient faire des moments de performances ou encore abreuver le groupe de bière dans un bidet d’essence. Même la foule a été « réhydraté » de cette manière. Le groupe a livré des pièces plus récentes, comme Coat de cuir tiré de Coma et des pièces du répertoire comme Baleine et Dynamite de Memories. Un show absolument délicieux que j’ai quitté à regret pour revenir à temps pour les Anglais d’Heavy Lungs. Les Goules ont deux concerts annoncés cette année au Québec. Celui-ci et un autre à Envol et Macadam en septembre. Souhaitons qu’il y en ait d’autres dans un futur rapproché.

Malaimé Soleil
Le retour en navette s’est passé rondement, si bien que je suis arrivé avec un peu d’avance pour Heavy Lungs. Ça m’a permis de passer faire un tour au concert de Malaimé Soleil, qui a décidé de faire son nouvel album, Fragile, dans l’ordre pour la foule. Et j’ai pogné de quoi quand j’ai pris la mesure de la quantité de gens qui chantaient les paroles de la formation. Ça m’a rappelé la fois où j’ai vécu ça avec Philippe Brach ou Gab Bouchard. Quand soudainement, tu comprends que plus de la moitié de la foule connaît les paroles et les chante à tue-tête. C’était magnifique. Francis Leclerc est de plus en plus à l’aise dans ses interactions avec le public et ça fait en sorte de bonifier l’expérience de concert. C’est beau ce qui se passe avec le groupe qu’on va voir encore longtemps sur nos scènes.

Heavy Lungs
Ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir le vrai de vrai Danny Nedelko de la toune d’IDLES. Mais c’est ce qui se passait au Garage du Curé alors qu’Heavy Lungs était de passage à Baie St-Paul. Le groupe punk, qui est souvent classé dans le post-punk, mais je trouve ça plus musclé que le second genre a offert une solide performance en fin de soirée. Se concentrant principalement sur son album Caviar paru l’an dernier, mais pas que, la formation a démontré son solide. D’ailleurs Nedelko est un charismatique chanteur qui interagit bien avec la foule. C’était une puissante façon de terminer cette journée marathon de concert. On remet ça demain pour une dernière fois avant de reprendre la 138 de l’autre bord.
Crédit photo: Couverture : Ludo Boquel