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Concerts

Festival FRIMAT | Jour 1 : Mimi O’Bonsawin + Luan Larobina + Violett Pi + Klô Pelgag

Le FRIMAT a été le théâtre d’une bourrasque musicale pour sa première journée complète sous un soleil des plus radieux. Familles, amies, amoureux ou curieux, les festivaliers et festivalières de Val-d’Or sont au rendez-vous contre vent et problèmes techniques.

Oyez, oyez ! FRIMAT s’amorce au parc Albert-Dumais au centre de Val-d’Or et se faufile tranquillement aux oreilles d’une foule de passants qui répondent à l’appel de la musique. La soirée se déplace ensuite vers la réserve à minerai pour une démonstration de maturité créative explosive.

À travers vents et chantés

En robe mandala aux motifs psychédéliques et sous d’imposantes barniques rouges, Mimi O’Bonsawin se présente en soulignant son appartenance à la communauté franco-ontarienne, indéniable par son accent si particulièrement savoureux.

Le trio sur scène se complète bien par les motifs de leurs chemises et leur gaieté si contagieuse qui se fait sentir par leur entrain à créer un lien avec ceux qui leur font face. Pour sa première fois à Val-d’Or, la chanteuse de Sudbury se fait des plus rassembleuses, incitant constamment à joindre ses paroles comme ses pas de danse.

Dans un esprit de partage bien installé, Mimi se confie sur le manque qui l’habite en grandissant loin de la communauté abénaquise. Le retard qu’elle rattrape en nouant des liens par la langue et la chanson se veut plus qu’inspirant.

Bien que Mimi n’ait d’origine saguenéenne, le bluet en chacun de nous a sourcillé dès les premières notes de Blueberry jam. La pièce instrumentale cible avec précision l’atmosphère du moment et l’assistance la remercie par des « olé olé » de victoire aux éliminatoires.

Prises d’irrépressibles pas de danse, Luan Larobina et une amie, perceptibles des coulisses, s’improvisent sur le spectacle sans trop le vouloir.

Aussitôt que Luan Larobina prend la relève de Mimi O’Bonsawin, une rafale envahit la performance et entame des envolées qui ne sont pas que lyriques. La chanteuse s’agrippe à ses instruments au risque que le vent prenne dans son pantalon parachute et confronte mère Nature par son timbre chaud et velouté.

Légèrement désarçonnée, Luan Larobina fait appel à la coopération du public pour un silence nécessaire, mais le souffle du ciel s’attaque au micro et pousse les haut-parleurs à la distorsion. La chanteuse latine gaspésienne s’impose comme une douce brise qui brise le vent.

« Faire sauter la salle »

« Je vais faire sauter la salle », échappe Violett Pi, un lapsus qui ne s’éloigne pas trop de la réalité. Le parterre de la réserve du minerai sentait poindre le mosh pit, mais s’est contenté de hurler en sautillant gentiment. L’esprit familial du festival a su contenir les fanatiques de Violett Pi, une prouesse qui relève d’une grande sagesse.

Prévisible, mais inévitable, Klô Pelgag ne s’est presque pas fait prier pour venir interpréter Labyrinthite avec son comparse de Violett Pi. Capuchonnée en civil, « Chloé » se prête au jeu et résiste à contenir l’intensité de sa voix. Même choriste, Klô est un feu ardent qui, comme celui qui a éclaté dans les bois, ne saurait être calmé si facilement.

Violett Pi répond aux attentes avec des cris d’une fureur qui pourraient dégourdir les plus inertes des sourds-muets tétraplégiques. Les premiers sursauts occasionnés chez les moins connaisseurs sont toujours particulièrement cocasses, mais personne n’a fui en courant. Adultes comme enfants ont apprécié compter les « perroquets », lâcher leur fou et se faire promptement inviter à manger la « marde » de Karl Gagnon.

Abouti et assortis

Klô Pelgag est beaucoup plus qu’une tête d’affiche pour le festival. Rares sont les propositions si complètes et les talents si bien exploités. Bien que Klô ne veuille que sa démarche soit décrite comme théâtrale, son spectacle mêle tant d’éléments qu’aucun terme ne semble à la hauteur de l’œuvre tant singulière qu’authentique.

Digne d’un rituel mystique, Klô fait ressortir le spectaculaire d’un spectacle chorégraphié de manière à offrir une expérience stimulante. Choristes comme musicien·nes portent le blanc et disposent d’une station roulante qui permet les déplacements libres sur scène. « Ce n’est pas mes stages qui roulent le mieux », lance-t-elle ayant du mal à pousser son piano, assise sur son « pouf à roulettes ».

La dimension artistique et créatrice est présente en chaque chose. Les éclairages sont finement adaptés aux diverses pièces et Klô Pelgag éclaire tant par sa voix qu’avec sa lampe torche qu’elle pointe pour mettre en lumière le meilleur des éléments du spectacle, public inclus.

Sous des réinterprétations plus senties et plus intimes, Le goût des mangues, Umami et Comme des rames sont quelques-uns des succès que le public a pu redécouvrir. Klô Pelgag n’a pas à se sentir Coupable, mais il est possible qu’excessivement enivrés, plusieurs « n’aient pas dormi » cette nuit-là.

Crédit photo: FRIMAT

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