Concerts

Andy Stott + Corporation à la SAT le 9 mai 2026

Le producteur britannique Andy Stott était de retour à Montréal samedi soir à la SAT, quatre ans après son passage au Newspeak.

Bien qu’Andy Stott n’ait pas sorti d’album depuis 2021, le spectacle affichait complet depuis un bout, faisant suite au report de la date originale du 7 novembre dernier. Le public était donc très enthousiaste de le voir enfin, dans une salle mieux adaptée à la profondeur des basses dans sa musique. Le duo montréalais Corporation assurait la première partie avec des pièces qui semblaient tirées de leur premier album Tableaux du doute.

Corporation

Les artistes sonores Julien Racine (Racine) et Justin Leduc-Frenette (Keru Not Ever) sont arrivés sur scène un peu après 22h, et le temps d’arrimer le début du show avec la technique de la salle, une trame atmosphérique a progressivement rempli la salle jusqu’à un niveau de densité très agréable, en cohérence avec les projections sur les trois écrans.

Pour les mélomanes qui s’attendaient à un rendu fidèle de leur album, on avait affaire à une version particulièrement rythmée et saturée de leurs compositions. Il y avait une complexité dans la superposition des strates sonores qui donnaient parfois l’impression d’écouter deux chansons en même temps.

Dans cette perspective, ça devenait confus par moment, comme s’il y avait de la compétition entre plusieurs idées, mais la majorité de la performance était bien structurée. Le synchronisme avec les projections était très réussi, et, bien que les visuels étaient abstraits, à part certains visages flous et une ballerine, on pouvait apprécier une sorte de visualisation de leur musique.

Andy Stott

La première partie ayant terminé vers 22h50, Andy Stott est monté sur scène vers 23h10 dans une pénombre presque totale. Sans éclairages et projections, il a commencé son set façon DJ en effectuant un fade in de la première pièce, envahissant la salle de succulentes basses fréquences.

C’est un des atouts de Stott en direct : de jouer avec le filtrage d’une façon plus lente et organique, qui évolue de façon à faire oublier les codes hyper prévisibles de la EDM. Il réussit à déstabiliser l’anticipation en déconstruisant le rythme, principalement entre les basses et les hautes fréquences, créant une ponctuation supplémentaire en réponse aux échantillons de voix et quelques indices mélodiques.

Une performance qui s’est déroulée principalement dans le noir, avec une quantité de stroboscopes alignés sur le tempo qui faisaient en sorte qu’on ne pouvait pas vraiment regarder l’artiste sans être aveuglé. Un spectacle presque entier avec les yeux fermés, concentré sur les variations de séquences, et les pauses d’une ou deux secondes pour repartir plus fort.

Son set est passé très rapidement, au point d’être pris par surprise par la fin du show, à 00h10. Quarante minutes pour la première partie, et seulement une heure pour la tête d’affiche formaient une durée décevante pour un artiste de la qualité de Stott. Ce n’est pas comme s’il avait 75 ans, comme Giorgio Moroder, qu’il manquait de matière première ou de temps dans la salle. On aurait pu en prendre le double, parce que c’était un samedi soir à la SAT.

Crédit photo: Philippe Desjardins

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