Critiques

Oktoplut

Inselberg

  • Slam Disques
  • 2026
  • 30 minutes
7

Ça fait bien cinq ans que le duo Oktoplut n’avait pas lancé d’album…. de chansons originales. Le groupe nous avait offert une reprise complète d’Insomniac, en français s’il-vous-plaît, de Green Day en 2025. En 2021, le groupe présentait l’excellent RIONNOIR, qui lui-même arrivait après deux autres bons albums. Est-ce que la formation frappe encore dans le mile? La réponse courte : oui!

Inselberg veut dire : une petite colline isolée sur une plaine. C’est une image que le duo emprunte pour parler d’un certain isolement à l’abri du regard des autres. Il est beaucoup question du regard de l’autre et de la conscience de soi sur cet album. Le questionnement de la place que l’on occupe dans le monde et de notre sentiment face à cela trouve facilement ancrage chez l’auditeur. Le tout est livré sur des riffs plutôt enjoués. Oktoplut sacrifie un peu de lourdeur au profit d’un dynamisme renouvelé.

On ne peut pas se douter de ceci à la première pièce, Perdre dans l’écart, qui est une typique pièce d’Oktoplut avec toute la lourdeur hargneuse qu’on leur connait. Après le riff d’ouverture, on retrouve tout de même une légèreté aérienne qui sera très présente sur Inselberg. Mais c’est surtout sur Normal Anormal que l’on comprend que le groupe s’en va ailleurs avec l’arrivée d’un synthétiseur. Il ne prend pas toute la place, les guitares font rapidement leurs apparitions et la pièce part à vive allure. Choisie comme premier simple, la pièce est une bonne représentation de la direction que la formation a prise sur ce quatrième album.

Île-montagne démontre aussi la légèreté qu’a infusé Oktoplut dans sa musique pour Inselberg. La pièce n’est pas mauvaise, mais elle n’a pas le panache de ses pièces plus lourdes. Il faut dire que le groupe a peu écrit de pièces du genre à travers sa discographie et cette exploration d’autres textures sonores va demander encore de l’essai. Toujours maintenant, qui a des allures de rock progressif est aussi une surprise. On y retrouve des textures sonores et des mélodies qui rappellent presque Rush. En plus lourd, on s’entend. Mais quand même, il y a un petit quelque chose de Fly by Night dans tout ça. C’est aussi une aventure musicale qui est pas tout à fait à point. Loin de l’écrasement (oui, oui, j’ai fait exprès), mais certaines idées auraient pu être étoffées davantage.

En fait, Inselberg me semble un ensemble d’explorations musicales qui sont parfois heureuses, parfois pas tout à fait abouties. Ocean, par exemple, explore des sonorités différentes et nous fait sombrer avec elle sans retenue. Mais même dans leurs moments moins convaincants, Oktoplut reste un groupe qui offre de la très bonne composition. Il y a toujours quelque chose d’intéressant qui nous ramène à la chanson. Peut-être assistons-nous à un pivot dans la discographie du groupe? Seul l’avenir nous le dira.

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