Critiques

Gia Margaret

Singing

  • Jagjaguwar Records
  • 2026
  • 41 minutes
8
Le meilleur de lca

Gia Margaret s’est surtout fait connaître pour ses pièces instrumentales au cours des six dernières années : son album ambient Mia Gargaret et le magnifique Romantic Piano paru en 2023. Si ces deux albums étaient entièrement instrumentaux, c’est parce que Margaret avait perdu la voix durant la tournée de son premier album, There’s Always Glimmer. Même une fois qu’elle avait retrouvé sa voix, l’idée de chanter pour un public lui créait de l’angoisse. Une fois la blessure physique guérie, il y avait quelque chose en elle qui s’était brisée. C’est à travers un processus où elle a dû réapprendre à se faire confiance que Singing est né. Et heureusement pour nous, elle a retrouvé sa voix. Parce que Singing est magnifique.

Everyone around is seen
but I am underneath the ceiling.
Everything unsaid, it sinks in
for a little too long
Everyone Around Me Dancing

Everyone Around Me Dancing qui ouvre l’album, mise sur deux choses : son jeu de piano nuancé et touchant ainsi que sa voix douce qui nous cajole à mi-chemin entre la mélancolie et la résignation. Gia Margaret incarne le sentiment d’être triste au milieu d’un party, alors que tout le monde a le cœur à la fête et que le nôtre a envie d’y être, mais ne trouve pas le chemin. C’est une situation émotionnelle complexe et pourtant, elle le livre comme si c’était la chose la plus facile à faire. Un témoignage de la grande qualité de son interprétation.

Puis, Cellular Reverse la voit prendre encore plus confiance alors que David Bazan et Amy Millan ajoutent leurs voix à la sienne pour le refrain. Le saxophone d’Adam Schatz ajoute aussi une couche de douceur et de beauté sur la pièce. Ce n’est pas la seule fois que des invités de marque viennent faire leur tour sur Singing. Le slack-rocker en chef de Philadelphie, Kurt Vile, ajoute un solo de guitare sur E-Motion, la dernière pièce de l’album. Cette dernière mise sur des effets de vocoder sur la voix de Gia Margaret, comme si l’outil l’aidait à reprendre confiance en ses capacités.

Il y a de nombreux moments convaincants sur Singing. C’est le cas des mélodieuses Moon Not Mine et Rotten, où les airs vocales sont tout à fait délicieux. L’instrumentation n’en prend pas pour son rhume pour autant. C’est le cas aussi pour Phenomenon, qui n’est pas sans rappeler Grouper dans son approche. Gia Margaret démontre aussi son talent pour les textes sur Singing. Elle sait trouver de la poésie dans des images claires pour exprimer des émotions complexes. C’est un talent rare et elle démontre l’étendue de ses qualités à travers l’album.

In the lamplight
I am riding my bike.
I’m observing the night
fully lost in my mind.
I want to know what you think
when you first shut your eyes.
Is there no sense of time?
…and how can you push that aside?

And lately it is a phone screen staring back as we are really suffering.
Phone Screen

Franchement, c’est un excellent album de la part de Gia Margaret. On ne peut que se réjouir qu’elle ait repris confiance en sa voix. Parce qu’à travers Singing, elle nous livre certaines des plus belles mélodies de 2026.

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