PVA
No More Like This
- It's All For Fun
- 2026
- 42 minutes
Le trio londonien PVA, formé d’Ella Harris, Josh Baxter et Louis Satchell, est apparu en pleine pandémie avec leur EP Toner (2020). Trois pièces à la sonorité inspirée par l’alternatif, le acid house et l’EBM des années 80. Une bonne impression qui a mené à BLUSH (2022), excellent premier album dont le simple Untethered avait frappé fort avec son rythme irrésistible, sa basse saturée et sa voix presque spoken word. Le groupe avait élargi sa palette sonore en intégrant davantage d’éléments darkwave et synthpop avec beaucoup d’efficacité.
Le trio était de retour en janvier avec leur deuxième album, No More Like This, et un changement de direction qui inclut le ralentissement général du tempo et le rapport entre la voix et la musique. La grande différence est la mise en place (staging) qui fait en sorte que la boîte à rythmes et la basse monophonique étaient placées à l’avant sur BLUSH, pour accentuer l’effet de boîte de nuit urbaine/underground. No More Like This inverse cette dynamique en plaçant la voix à l’avant, près des oreilles, sans réverbération, tandis que les instruments sont placés ‘dans la pièce’. Ce choix dans la production crée une proximité particulièrement sensuelle, voire charnelle selon certaines paroles. Un must pour les fans de Portishead.
Le rythme se déhanche lentement sur Boyface, pendant que la basse monophonique sert de fondation sur laquelle Harris relate une rencontre avec une personne qui a un visage de garçon. Enough, deuxième simple, commence par une basse sombre et un rythme bondissant qui soutiennent le chant chuchoté. La mélodie gagne en densité grâce aux percussions saccadées et au synthé grésillant, qui élèvent ensemble le thème à un niveau de messe souterraine.
On retrouve la sonorité de l’album précédant sur Send, troisième simple, avec son rythme techno industriel et son épaisse basse synthétique. La vidéo en noir et blanc montre une suite d’images du groupe savamment texturées par du lettrage à la façon design graphique.
Étonnement, ces trois pièces ne représentent pas le meilleur de ce que l’album ait à offrir. Dans une approche à plus grand déploiement, on retrouve Rain en pièce d’ouverture qui apaise avec ses harmoniques posées, sereines, et la voix sans artifices. Peel oscille dans les basses et évolue en une sorte de soft EBM ou hard trip hop, au choix, et augmente lentement l’intensité de chaque instrument jusqu’à un excellent plateau harmonique. Okay double la durée moyenne en une scène de film sci-fi à la Blade Runner, avec sa boucle acid et sa strate ambiante à la Vangelis. La montée est exécutée à la perfection et transite gracieusement vers une sorte d’épilogue un peu jazz.
No More Like This surprend comme deuxième album, d’une part à cause du contraste avec BLUSH, et ce qui aurait pu représenter un risque d’aliéner une excellente première impression. D’autre part, parce que la production a délaissé une partie de la formule pop compressée pour une musicalité plus nuancée, plus organique. On ressent un moment présent qui était auparavant filtré par la forme, bien que ça donne parfois des passages moins entraînants. Cela dit, le trio a trouvé un équilibre entre le fond et la forme qui a le potentiel de repousser les limites du trip hop contemporain.