Nine Inch Nails + Boys Noize au Centre Bell le 16 février 2026
Trent Reznor et sa bande ont offert un solide concert hier, misant surtout sur les succès du groupe à travers les années.
Il n’y a pas de doutes, Trent Reznor prend ses vitamines et, à 60 ans, le rockeur gothique est toujours capable d’intensité. Et ses Nine Inch Nails suivent sans problème! En première partie, c’est le DJ / compositeur Boys Noize qui avait la tâche de réchauffer la foule.
Boys Noize
Alors que nous entrions, un homme, qui visiblement attendait la personne avec les billets dans sa gang et parlant au téléphone, a dit : ce n’est pas grave, c’est juste un DJ. Je l’ai immédiatement corrigé en lui disant : ce n’est pas flick-flack, je mets du Pitbull, là… J’avais finalement plus tort que ce que j’aurais pensé, alors que Boys Noize était beaucoup plus en mode DJ qu’occupé à monter ses compositions. Il a tout de même glissé un ou deux titres à travers sa sélection de rock gothique digne des grosses années du Bleu est noir sans Éric Lapointe défoncé dans un coin. Ce n’était pas vilain, mais disons qu’on aurait pris une bonne demi-heure de moins en échange de plus de Nine Inch Nails. D’ailleurs, c’est sur la dernière note de la dernière pièce de son set de DJ que Trent Reznor est apparu sur la petite scène en plein milieu du parterre à son synthétiseur.
Nine Inch Nails
Il a commencé le tout en douceur avec Something I Can Never Have en mode sobre aux claviers. Seul au milieu de la salle, c’était une suspension du temps après le set plutôt dynamique de Boys Noize. Puis, les choses se sont corsées avec Non-Entity et Piggy alors qu’Atticus Ross, Robin Finck et Stu Brooks (le nouveau bassiste qui joue aussi dans Dub Trio) sont venus le rejoindre.
Puis, Trent Reznor et sa bande ont fait un petit jogging pour se rendre à la scène principale. C’est bien d’insérer un peu d’activité physique dans son travail quand on est en tournée. On ne sait pas si on va avoir le temps d’aller courir sur le Mont-Royal. On découvre alors la scène principale où est aussi Josh Freese à la batterie. Celle-ci est beaucoup plus imposante et un dispositif avec deux tissus de types tulles (un devant le groupe et un entre certains membres) agit comme surface de projection. Les images sont à la fois de la vidéo live d’un caméraman qui court entre les membres pour les mettre en valeur et des images prédéfinies à certains moments clés. Je dois dire que c’est une très belle job d’éclairage et ça mériterait un GRAMMY.
Mais bon, on n’est pas là pour parler de lumière, mais bien de musique. Nine Inch Nails a servi une leçon de rock en enchaînant les pièces musclées passant de Reptile à Heresy à Copy of A dans ce deuxième bloc. Le groupe autour de Trent Reznor y est depuis longtemps et ça paraît dans la grande cohésion des musiciens. À part Stu Brooks, qui vient de s’y joindre, les autres membres y sont tous depuis quelques années. Finck est même là depuis les années 90, c’est pour dire. La chimie sur scène est palpable.
Trent Reznor et Atticus Ross ont refait un jogging pour se rendre à la petite scène au milieu du parterre pour un enchaînement plus électro-trash avec Boys Noize. Closer était particulièrement réussie, tout comme Parasite, tirée du corpus d’How to Destroy Angels. Quelques pas de course plus loin, la formation était de retour sur la grande scène pour une pétarade de succès en commençant par Mr. Self Destruct. Le groupe a joué I’m Afraid of Americans de David Bowie à laquelle il a participé. La pièce prenait un nouveau sens avec la réalité politique contemporaine. Bon choix, mon Trent! Dans le pain de chansons à succès qui terminait le spectacle, il y a seulement The Perfect Drug qui était un peu molle à mon avis. Notons aussi qu’aucune pièce de The Fragile n’a été jouée. Ça aussi, c’est un peu triste. Par contre, le reste était solide. The Hand that Feeds et Head Like a Hole ont offert un excellent climax avant que tout se termine sur Hurt pour nous ramener dans la réalité. C’était beau de voir tant de gens s’époumoner sur Hurt avec Reznor alors (qu’heureusement) peu connaissent la douleur de la dépendance à l’héroïne. C’est certainement une des preuves du grand talent de Reznor pour écrire des chansons qui touchent à l’universel.
Tout ce beau monde gothique est rentré par la suite en métro, sûrement satisfait (en tout cas, moi je l’étais) de l’excellent concert qu’a offert Nine Inch Nails.
Liste des chansons
- Something I Can Never Have
- Non-Entity
- Piggy (Nothing Can Stop Me Now)
- Wish
- March of the Pigs
- Reptile
- Heresy
- Copy of A
- Gave Up
- Shes Gone Away — avec Boys Noize
- Closer — avec Boys Noize
- Parasite (d’How to Destroy Angels) — avec Boys Noize
- As Alive as You Need Me to Be — avec Boys Noize
- Mr. Self Destruct
- Less Than
- The Perfect Drug
- I’m Afraid of Americans (de David Bowie)
- The Hand That Feeds
- Head Like a Hole
- Hurt