Yuck - Glow & Behold - Le Canal Auditif

Yuck – Glow & Behold

glow&beholdAujourd’hui, la formation rock originaire de Londres nommée Yuck fait paraître sa deuxième offrande titrée Glow & Behold. Formé en 2009, autour de Max Bloom et Daniel Blumberg, Yuck a dû se conformer au récent départ de Blumberg qui constituait le meneur incontestable du groupe; celui-ci ayant quitté afin de mettre sur pied le projet Hebronix. Donc, voilà que Bloom prend la place de Blumberg derrière le microphone; un changement crucial chez ce groupe rock puisant ses influences autant chez Pavement que My Bloody Valentine.

Donc, sur ce Glow & Behold, nos modernisateurs d’un rock totalement issu des nineties se flanquent plutôt du côté d’un soft-rock mélancolique détenant quelques effluves de shoegaze; l’ensemble relevé de mélodies à la Nada Surf/Big Star et de cuivres procurant une légère touche «soul» non négligeable. Moins abrasif que l’album homonyme paru en 2011 (exit les sonorités grungisantes) nous notons l’apparition d’une esthétique sonore plus accessible. Ainsi, Yuck assume le départ de Blumberg avec confiance, même si nous aurions préféré une production plus décapante et moins «tempo moyen».

Glow & Behold possède trois personnalités bien distinctes. En première partie d’album, les guitares arpégées brinquebalantes à la Pavement exercent leur emprise. Par la suite, on assiste à l’émergence d’un climat sonore à la My Bloody Valentine. Finalement, en fin de parcours, Yuck préconise une approche plus feutrée, mettant l’accent sur des mélodies que n’aurait pas renié un certain Alex Chilton (Big Star), par exemple.

C’est ce manque d’identité sonore affirmée qui empêche ce Glow & Behold de se hisser à un niveau d’appréciation supérieur. Au fil des écoutes, nous avons cru déceler un groupe assis un peu entre deux chaises, qui détient pourtant un talent indéniable pour écrire des ritournelles rock captivantes, mais qui malheureusement manque cruellement de personnalité. Dommage, car la bande à Bloom (avec un réalisateur bousculant les habitudes) pourrait peut-être un jour nous surprendre!

Qu’à cela ne tienne Yuck offre quelques morceaux mélodiquement à point: la très Pavement titrée Out Of Time, le refrain power-pop dans Lose My Breath, le simple vitaminé Middle Sea, la très My Bloody Valentine intitulée Rebirth de même que le riff de guitare esseulé et continuel concluant Glow & Behold.

Voilà une conception sonore que certains nostalgiques de Pavement, Teenage Fanclub, My Bloody Valentine, Nada Surf et autres consorts de cette époque pourraient affectionner. En ce qui nous concerne, nous connaissons parfaitement le tabac qui se fumait durant cette période et le son que Yuck propose n’apporte rien de vraiment innovant. Un disque somme toute divertissant!

Ma note : 6/10

Yuck
Glow & Behold
Fat Possum Records
46 minutes

yuckband.com

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