Tire Le Coyote - Mitan - Le Canal Auditif

Tire Le Coyote – Mitan

Tire le Coyote Mitan-TRICD-7333Aux premières paroles entendues, on accroche. La voix claire, nasillarde, haute perchée. On pense. On se demande. Oui, c’est bien ça; Tire le Coyote, eh bien, c’est Neil Young! Mais bon, après plusieurs écoutes de ce Mitan, titre de son nouvel opus, vous devinez bien que ce sulfureux comparatif d’une première écoute s’efface pour laisser tranquille le vénérable M. Young et donner une substance toute personnelle au travail du Coyote meurtri.

Sachez donc que derrière les crocs du canidé se cache un auteur-compositeur et musicien du nom de Benoit Pinette (avouez que son nom de scène lui va mieux!), un sérieux amoureux de la plume imagée et du folk poussiéreux de type americana.

Après un premier disque (Le fleuve en huile) qui lui a valu de belles nominations à l’ADISQ et aux Gamiq il y a deux ans, Tire le coyote revient cette fois avec Mitan, un disque à saveur country-folk, calme, triste. Nous sommes ici dans les pâturages déjà broutés par les Canailles et Dany Placard, avec une grande touche mélancolique de type Monsieur Mono (Éric Goulet).

Quelques exemples, pour vous mettre en contexte : sur la pièce Bonnie, sous la sonorité d’une guitare Fender et d’une guitare glissante, il chante : « Une sorte d’ivresse étrange / qui cogne à ma fenêtre / qui traîne dans mon jardin / dans l’cœur des amoureux / allumeuse de feux / l’ivresse étrange / mais la chienne me prend au corps / tempête encore dans ma prison d’origine / marchons quand même ensemble / malgré l’effort / malgré la chienne ».

Sur Calfeutrer les failles, possiblement la pièce la plus réussie de la dizaine de l’album, alors que le doigté de guitare, de même que la lourdeur du tempo, donnent à taper du pied sans aucune justification, le coyote hurle : « Des vagues blanches et frêles / comme des moutons sur l’St-Laurent / la route du mitan / les oies qui scouatent l’île d’Orléans / Moi j’trouve ça beau / j’arrête de crever pour la journée / la beauté je l’empaille / le temps de calfeutrer les failles. »

Poésie d’ici et moderne, mêlant les grands espaces québécois à la faculté de la jeunesse d’exprimer ses émotions, ses peurs et ses attentes. Urbanité dans la texture musicale. Au final, un beau mélange et un bon deuxième disque pour Benoit « Tire le coyote » Pinette.

Ma note : 7/10

Tire le Coyote
Mitan
La Tribu
36 minutes

www.myspace.com/tirelecoyote

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