The Kills - Ash & Ice - Le Canal Auditif

The Kills – Ash & Ice

The KillsVendredi dernier, le duo blues rock garage The Kills reprenait du service avec un nouvel album titré Ash & Ice. Formés de la «frontwoman» Alison Mosshart et du guitariste (et maestro des boîtes à rythmes) Jamie Hince, les Kills nous avaient proposé, il y a 5 ans déjà, un album en demi-teinte intitulé Blood Pressures. La paire nous avait habitués à un son plus costaud et je dois dire que ce Blood Pressures (2011) m’avait franchement déçu; un virage pop-rock assez pépère. Enregistré en alternance dans une maison de Los Angeles et au Electric Lady Studios situé à New York, est-ce que cette production atteint les standards établis par les premiers disques de la formation: Midnight Boom (2008), No Wow (2005) et Keep On Your Mean Side (2003)?

Absolument pas. Est-ce que ça dépasse au moins d’une tête Blood Pressures? À peine. Dans la colonne des plus, je note un retour vers un son plus abrasif sans retrouver la hargne des efforts initiaux bien sûr. Les chansons, sans être exceptionnelles, sont correctes. Comme d’habitude, Mosshart fait le job même si la voix de la dame est nettement plus posée. Par contre, Hince est beaucoup plus nuancé et cette retenue est venue sérieusement agacer l’auteur de ces lignes.

À la décharge du guitariste, celui-ci s’est fracturé la main il y a quelques années et a dû subir pas moins de six opérations avant recouvrer l’usage total de sa patte. Ce changement de paradigme a forcé l’instrumentiste à revoir de fond en comble son jeu et à explorer d’autres avenues créatives… mais ce n’est pas concluant! Le résultat? Les Kills sonnent maintenant comme un groupe de pop-rock générique, pas mal aseptisé et, disons-le, un peu ennuyant. En 2016, pour qu’un album rock attire mon attention, je dois ressentir une certaine urgence dans la livraison. En toute honnêteté, au fil des écoutes, je n’ai absolument rien éprouvé. Bref, ce Ash & Ice ne changera pas grand-chose à ma vie de quarantenaire hyperactif. C’est quand même plus dynamique que Blood Pressures, mais il est peut-être temps que Mosshart/Hince pense à mettre leurs énergies respectives sur d’autres projets plus intéressants.

Quelques chansons font quand même leur bonhomme de chemin. De l’entrée en matière Doing It To Death jusqu’à Bitter Fruit, les Kills brassent efficacement la cage, mais les Days Of Why And How et Let It Drop s’éloignent du rock coutumier de la formation pour s’aventurer dans de semi-ballades synthétiques qui m’ont plongé dans une profonde neurasthénie. Impossible Tracks et Black Tar donnent du tonus en fin de parcours, mais ce n’est rien pour jubiler, croyez-moi.

Verdict? Bof! C’est somme toute plus bourratif que Blood Pressures, mais on est loin, mais très très loin, de l’énergie déployée des débuts. Bref, ça sent peut-être la fin pour The Kills. Le tandem a probablement été au bout de ce qu’il pouvait.

Ma note: 5/10

The Kills
Ash & Ice
Domino Recording
51 minutes

http://thekills.tv/

Commentaires

  1. Esteban a écrit : :

    Je suis d’accord avec la l’analyse rétrospective de cet album versus les précédents. Moins abrasif, surprenant et explosif, probablement. Toutefois, je crois que dans l’évolution du son du groupe, il y une tangente moins rock et plus équilibrée qui est non seulement agréable mais renouvelle les possibilités post-punk avec une tonalité qui parfois s’approche du dub. Bref, pas leur meilleur album, mais encore un groupe phare dans un univers alternatif stagnant. Et pour les amateurs de The Kills, le soul de ces deux beaux fous l’emporte sur la formule 😉

    • Stéphane Deslauriers a écrit : :

      Souhaitons que ce soit un disque de transition, mais honnêtement, j’ai bien peur que ce soit le début de la fin pour The Kills… en espérant, qu’ils me fassent mentir. Merci pour le pertinent commentaire.

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