The XX - Coexist - Le Canal Auditif

The XX – Coexist

Le désormais trio nommé The XX lançait dans les bacs, leur très attendu deuxième album simplement intitulé Coexist. J’en connais plusieurs qui salivaient à l’idée d’enfouir leurs oreilles dans leur paire d’écouteurs afin d’écouter cette offrande, puisque le précédent rejeton avait fait un tabac auprès de la presse musicale spécialisée. Le mélomane connaisseur se souvient du gros tapage médiatique (justifié ou non) qui suivit la sortie du premier album éponyme…

Formé à Londres en 2005, The XX donne dans un rock colossalement minimaliste et raffiné, agrémenté de rythmes électros empruntés parfois au dubstep, à la house et au trip-hop. Sur Coexist, les londoniens s’engagent à peu près dans la même formule musicale que le précédent effort, sauf que cette fois-ci, j’ai eu l’impression que l’intention artistique du trio avait pour but de faire « danser » les idées noires et de rendre admissible la mélancolie auprès d’un plus grand nombre d’auditeurs!

Invariablement scotchées aux atmosphères glauques que préconisaient les Cure, Cocteau Twins, Dead Can Dance et autres consorts du «rock de corbeau» issu des eighties, The XX démontre, sur Coexist, une maîtrise accentuée de son style, malgré des compositions plus faiblardes, comparativement à celles qui avaient été conçues sur la tentative antérieure. Une création qui met l’accent sur les mélodies plutôt que sur la complexité musicale; les voix de Madley-Croft et Sim se mariant admirablement.

Parmi les morceaux méritoires, j’ai remarqué Angels, Fiction et Try; trois pièces qui auraient pu paraître aisément sur XX. J’ai également apprécié les quasi entraînantes Sunset, Reunion et Swept Away, de même que les prenantes Missing, Unfold et Our Song. Sur cette galette, pas vraiment de pièces moribondes mais rien qui pousse à crier au génie… et bien franchement, ce n’est pas bien grave, car malgré l’absence de moments d’étonnements, je ne peux reprocher à ces gamins un manque de sincérité dans l’interprétation de ces chansons sombres.

Est-ce que cette authenticité fera que je me souviendrai de The XX dans dix ou quinze ans? Est-ce que la formation anglaise se retrouvera dans la catégorie «haussement d’épaule» comme plusieurs groupes catapultés au firmament trop rapidement? J’ai bien peur que oui! En contrepartie, remis dans son contexte, ce Coexist est une œuvre valable qui ne détient pas la force de frappe du premier effort, mais qui constitue un solide essai au-dessus de la moyenne. Du bon travail!

Ma note : 6,5/10

The XX
Coexist
Young Turks
37 minutes

thexx.info/

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