Robert Plant - lullaby and... The Ceaseless Roar - Le Canal Auditif

Robert Plant – lullaby and… The Ceaseless Roar

robert-plant-lullaby-artworkEn voilà un qui n’a plus besoin de présentation, et ce, depuis un sapré bail. Le vénérable et vénéré Robert Plant faisait paraître la semaine dernière sa dixième mouture et son premier rejeton avec son excellent groupe qui l’appuie persuasivement: The Sensational Space Shifters. Enregistré dans trois studios d’enregistrement anglais distincts, ce lullaby and… The Ceaseless Roar renferme, à peu de choses près, des compositions gracieuseté du duo Plant/Sensational Space Shifters.

Alors que la plupart de ses pairs jouissent d’une retraite dorée, Plant est loin d’avoir remisé au rancart toutes ses ambitions artistiques… et à 66 ans bien sonnés, on ne peut qu’admirer ce désir de dépassement. Voilà un vieux briscard qui n’a jamais eu peur de prendre des risques en s’entourant de jeunes musiciens créatifs et en s’immergeant tête première dans les musiques du monde.

Au menu de ce lullaby and… The Ceaseless Roar? Un rock bleusy, qui constitue le fonds de commerce de Plant, mais qui s’accompagne d’influences Africaines, électros, jazz et de musiques issues du terroir américain; une mixture hétéroclite qui confère à ce disque une unicité sans équivoque. Voilà un disque qui ne se rapporte à aucun clan, à aucun credo temporel, à aucun style prédéfini et qui constitue l’accomplissement musical suprême d’un colosse du rock.

Plant et ses Space Shifters dévalisent tous les genres musicaux évoqués précédemment et rectifient le tir en sélectionnant des options stylistiques appropriées, en transformant l’ensemble en quelque chose de totalement original. Peu de musiciens (jeunes ou vieux) peuvent se targuer de pareil exploit! L’homme poursuit sans relâche sa quête sonore, malgré l’âge qui fait irrémédiablement son œuvre.

Que dire de la réalisation? Tout simplement remarquable, car elle met parfaitement en relief les fantastiques arrangements prodigués sur ce disque, tout en positionnant admirablement bien Plant dans le mix. Que dire des Sensational Space Shifters? Voilà un sextuor d’instrumentistes plus que compétents pour qui le mot créativité est un mode de vie. Un band hallucinant!

Parmi les lingots d’or recensés, on a fermement chéri l’alliage percussions marocaines/riff de banjo dynamisant Little Maggie, la relecture très Afrique de l’ouest de Poor Howard (dérivé de Po’ Howard) du canonisé Leadbelly, l’unitaire Pocket Of Golden, le petit fond rythmique évoquant Primal Scream titré Up On The Hollow Hill (Understanding Arthur), la touchante balade pianistique A Stolen Kiss, l’arabisante Embrace Another Fall ainsi que la conclusive, cadencée, psychédélique/narcotique Arbaden (Maggies Babby). Aucune anémie, juste du bon matériel à se mettre dans les oreilles.

Seul bémol? Peut-être le penchant adulte/mature de l’entreprise, mais en toute objectivité, il faut être franchement de mauvaise foi pour ne pas reconnaître l’admirable boulot accompli par Plant et ses Sensational Space Shifters. Révérence devant cette indéniable prise de risque, ce désir de modernité et ce refus de la facilité que Robert Plant exprime avec loquacité sur ce lullaby and… The Ceaseless Roar. L’homme pourrait aisément s’arrêter net sur cet épisode d’une divine élégance.

Ma note: 8/10

Robert Plant
lullaby and… The Ceaseless Roar
Nonesuch/Warner Brothers
50 minutes

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