Love Sex Machine - Asexual Anger - Le Canal Auditif

Love Sex Machine – Asexual Anger

Love Sex MachineLove Sex Machine, c’est un groupe de sludge doom suintant-pas-propre de Lile en France. Comment ça sonne du sludge doom suintant-pas propre que vous me demanderez? Ben, imaginez vos oreilles qui jutent un mélange de cérumen, de sang, de liquide amniotique et de bile pendant 40 minutes.

Et j’exagère à peine. Car oui, ça suinte de même. C’est comme un «déchet corporel bucket challenge», genre… un peu comme la douche de graisse liposucée dans Fight Club, mais en plus sale. Mais je m’égare.

J’ai connu Love Sex Machine un peu par hasard à la parution de leur premier LP homonyme. Les gentils métalleux de Pelecanus.net (shout out les boys) avaient partagé l’album dans leur rubrique quotidienne «dose de gras». Et vous aurez compris que de parler de graisse pour Love Sex Machine, c’est un euphémisme. Tsé, ce premier effort contenait quand même des titres tels que Anal On Deceased Virgin et Killed With A Monster Cock.

PAS PARTICULIÈREMENT DE GAUCHE COMME PROPOS.

Mais la démarche du groupe est plus complexe, elle qui se plaît à patauger dans la monstruosité de l’être humain: ses bassesses animales, son sadisme et son incontrôlable propension au contrôle des corps. C’est sans doute pour cette raison que le produit fini sonne exactement comme se noyer dans une fosse septique.

Mais cessons avec les métaphores douteuses. Parce que Love Sex Machine livre encore une fois, avec Asexual Anger, un album aussi efficace que tonitruant. Un tour de force appuyé ici par un solide travail de postproduction: on entend maintenant parfaitement le détail des instruments, car le bordel infernal du premier album était intéressant parce qu’il était celui d’un premier effort sur disque. Répétez cette cacophonie aurait poussé le nihilisme à l’injure (même si la démarche du groupe est justement d’amener le nihilisme au sévisse corporel, mais ça, c’est une autre histoire).

Une meilleure production, ça fait aussi des morceaux plus distincts. Et c’est un des points forts de ce Asexual Anger: malgré la constante pesanteur, des montées, des riffs et même des solos remontent à la surface de l’épais mélange et nous collent au cerveau. C’est le cas sur Silent Duck, Aujeszky et la pièce titre notamment. Mais chaque morceau ici a son moment en puissance.

Sans toutefois atteindre le groove très sabbathien de Dopethrone, le son de Love Sex Machine s’apparente à celui du groupe basé «downtown Hochelywood». Surtout pour le vocal qui déchire tout.

Bref, Asexual Anger capture parfaitement cette brutale démonstration de sauvagerie. À l’immondicité de l’humanité, Love Sex Machine agit en miroir réfléchissant, lui renvoyant son reflet détaché de son vernis, rendant saillante sa nature animale qui lui a fait ériger la violence en système tyrannique justifié par une lecture machiavélique et libidineuse de la théorie de l’évolution justifiant les pires atrocités.

Mais eille. C’est un super bon album. Dans le genre. (Salut m’man!)

Pour finir sur une belle pensée (ou pas), je vous rappelle qu’un internaute inspiré par la musique brune des Guenilles avait dit du son du groupe qu’il était exactement «comme des menstruations dans ta face». Je dirais qu’avec Love Sex Machine c’est pareil, mais le supplice dure juste plus longtemps.

Bonne journée là…

Ma note: 8/10

Love Sex Machine
Asexual Anger
Lost Pilgrims Records
42 minutes

http://lovesexmachine.bandcamp.com/

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