Les 25 meilleurs albums de 2014 de Stéphane Deslauriers - Le Canal Auditif

Les 25 meilleurs albums de 2014 de Stéphane Deslauriers

Le Canal Auditif en est à sa quatrième édition de ses Top Albums et à chaque fois, cet exercice requérant de nombreuses heures d’écoute et de questionnements, vient me combler de bonheur. L’année musicale 2014, après un début fracassant, a connu un interminable passage à vide à mi-parcours, pour reprendre finalement un peu de tonus en fin d’année. Sans être une année d’exception, on a quand même assisté à l’avènement d’un très grand disque. Trêve de verbiage inutile! Je vous présente ma liste bien personnelle de mes vingt-cinq albums prisés de l’année en cours. Bonne lecture!
 

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25. Mark Lanegan Band – Phantom Radio

Incapable de fadeur et de médiocrité, Lanegan s’immisce sans ménagement dans le post-punk eighties accentuant la démarche artistique préconisée sur Blues Funeral. Et vous savez quoi? Encore une fois, la dépendance croît avec l’usage! L’homme construit son «mythe» d’album en album avec une cohérence et une constance qui l’honore.
 

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24. Robert Plant – lullaby and… The Ceaseless Roar

Alors que la plupart de ses pairs jouissent d’une retraite dorée, Robert Plant est loin d’avoir remisé au rancart toutes ses ambitions artistiques. Les ascendants Africains, électros, rock et ces musiques issues du terroir américain confère à ce disque une unicité sans équivoque. Révérence.
 

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23. Interpol – El Pintor

On n’attendait plus rien de la bande à Paul Banks. Eh bien, ce El Pintor constitue la résurrection musicale de l’année rien de moins! Complètement inspiré, mélodiquement fédérateur, d’un dynamisme éloquent, Interpol surprend et n’a plus aucune excuse à proférer quant à sa capacité à mettre au monde des conceptions sonores de qualité.
 

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22. Flying Lotus – You’re Dead!

FlyLo s’aventure dans des méandres jazzistiques sans se soumettre naïvement aux normes du genre. En parfait contrôle, Steve Ellison s’associe à Herbie Hancock, Kendrick Lamar et Thundercat afin de ficeler ces incursions jazz dans des climats sonores sinistres, des cadences nerveuses/exaltantes et des sonorités ouatées. Du grand art!
 

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21. St. Vincent – St. Vincent

Fidèle à son habitude, Annie Clark prodigue une production foisonnante, fertilisée de structures chansonnières parfois complexes, mais toujours intelligibles, de guitares abrasives (à l’occasion), de grooves électros enivrants et de mutations stylistiques draconiennes. La douée multi-instrumentiste est devenue un incontournable de la musique américaine.
 

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20. Cloud Nothings – Here And Nowhere Else

Dylan Baldi est ce jeunot qui nous avait offert une potable entrée en matière intitulée Attack On Memory (2012) et sur Here And Nowhere Else, le musicien fait la démonstration de sa maîtrise absolue d’un songwriting rock accrocheur, sans être racoleur, efficace, sans être redondant.
 

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19. Angel Olsen – Burn Your Fire For No Witness

Angel Olsen s’est fait remarquer grâce à son travail d’accompagnatrice vocale de Bonnie Prince Billy. Elle s’est fait véritablement un nom avec la parution de ce Burn Your Fire For No Witness qui met en lumière l’indéniable talent d’auteur-compositrice-interprète de la dame. Un spleen quasi parfait.
 

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18. Young Widows – Easy Pain

Ce groupe est une certification officielle de La Brute du Rock. Le meneur, Evan Patterson, plonge sa guitare dans un océan de réverbération, hurle comme un homme qui n’a pas toute sa tête et la section rythmique tape lentement, avec une puissance décuplée, laissant l’auditeur pantois devant autant de furie démentielle. Absolument irrésistible au fil des écoutes.
 

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17. Marianne Faithfull – Give My Love To London

D’une funèbre beauté, cette bouleversante élaboration sonore se situe entre rock et chanson et se tient en équilibre entre mélancolie et contemporanéité. Un disque soulevé par ce chant déchirant et cette interprétation d’une justesse émouvante de Marianne Faithfull.
 

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16. Benjamin Booker – Benjamin Booker

Benjamin Booker est ce surdoué afro-américain qui est venu nous botter les fesses et égratigner nos oreilles avec un éponyme alliant garage rock, blues sudiste, incluant un rock’n roll évoquant Chuck Berry. Discrimination, défection du père, Booker est sérieux dans le propos sans être pompeux et se positionne déjà comme un rocker atypique à surveiller de très près.
 

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15. Hookworms – The Hum

Originaire de Leeds, Angleterre, Hookworms nous balance une purée psychédélique panachant des fragments de space-rock, de glam-rock et de krautrock, l’ensemble exécuté avec une énergie punkisante indéniable. Les titres cannabisants, assez longs, fréquentent les intermèdes bourrés de larsens et d’orgues inquiétants.
 

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14. King Dude – Fear

Cette création ne s’inscrira pas dans beaucoup de listes de fin d’année et pourtant… King Dude resserre studieusement son écriture chansonnière, dispensant de nombreuses mélodies opérantes, celles-ci appuyées par des guitares encrassées et des claviers narcotiques. L’aspect gothique est relégué à l’arrière-plan afin de faire place à un rock «satanique» vitaminé.
 

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13. OBN III’S – Third Time To Harm

OBN III’s offre un amalgame de protopunk à la MC5/Stooges, de hard rock à la AC/DC et de mysticisme à la Sabbath/Blue Öyster Cult. Ce qui aurait pu constituer un exercice maladroit visant à moderniser un genre musical passablement éculé, voilà qu’OBN III’S catapulte un petit brûlot de rock millésimé qui n’a rien à envier aux pointures énumérées précédemment.
 

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12. Julien Sagot – Valse 333

Vous dire à quel point on s’est délecté de cette Valse 333 serait un euphémisme total. Enfin, un créateur chansonnier de chez nous assumant parfaitement ses ascendants, brouillant les pistes astucieusement et n’ayant aucune gêne à se tremper dans une certaine expérimentation musicale. C’est deux en deux pour l’ex-idéateur sonore chez Karkwa!
 

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11. Sharon Van Etten – Are We There

Van Etten se distancie juste assez de ses ascendants afin de parachuter un brillant disque empreint d’une mélancolie touchante et qui exprime avec une véracité incontestable les désordres amoureux vécus par l’artiste. Là où Lykke Li a lamentablement échoué, Van Etten réussit à émouvoir concrètement sans verser dans l’apitoiement et le pathétisme de pacotille.
 

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10. Antoine Corriveau – Les Ombres Longues

En voilà un qui mériterait un rayonnement nettement plus accentué tant ce disque est un tour de force sonore et mélodique sans équivoque. Les Ombres Longues est un album folk rock que plusieurs jovialistes ont estimé trop sombre, mais qui renferme plus que sa part d’instants lumineux.
 

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9. Steve Gunn – Way Out Weather

Sur cette galette, Steve Gunn propose une superbe courtepointe sonore sur laquelle se coudoie des guitares acoustiques/électriques, des banjos, des discrets claviers vintage, des rythmes quasi-jazz et ça ne sonne jamais désuet, car le virtuose détient une signature unique remémorant un Chris Whitley en moins bleusy et un Jim White en moins nonchalant.
 

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8. Iceage – Plowing Into The Field Of Love

La formation punk danoise suggère une combinaison de chansons d’amour qui évoquent autant un jeune Nick Cave & The Bad Seeds, qu’un groupe punk désarticulé. Iceage y va d’un sérieux effort de restauration tout en conservant ce sublime dévernissage sonore. Elias Bender Rønnenfelt, offre une performance vocale exceptionnelle… dans le genre!
 

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7. Perfume Genius – Too Bright

Mark Hadreas présente un disque vraiment pas de tout repos, qui revendique le droit à la différence, le droit d’aimer sans compromis, le droit d’être authentique en toutes circonstances. Alternant entre balades pianistiques émouvantes et morceaux synthétiques menaçants, l’artiste trouve une parfaite stabilité entre sensibilité et affirmation. Sans mot.
 

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6. Parquet Courts – Sunbathing Animal

La bande à Andrew Savage revient avec un Sunbathing Animal qui confirme hors de tout doute tous les espoirs qu’on avait misé en eux. Actuellement, Parquet Courts est tout simplement le plus important porte-étendard du rock «alterno» américain. Un groupe qui puise autant son inspiration chez Pavement, le Velvet Underground que les Strokes.
 

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5. Sun Kil Moon – Benji

Benji raconte sans fards poétiques superflus, avec une approche littéraire d’un réalisme poignant, le passé familial et personnel du caractériel Mark Kozelek. En grande partie autobiographiques, ces bijoux de chroniques musicales sont rédigés, chantés et exécutés avec une sincérité désarmante, quasi perturbante. Une œuvre aussi réconfortante que troublante.
 

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4. Ariel Pink – pom pom

Pink s’amuse autant avec les claviers rétro futuristes issus des seventies qu’avec l’esthétique électro-pop des eighties, y ajoutant une bonne dose de pop psychédélique. Les simples fédérateurs et les bizarreries sonores pullulent. Si on ajoute à ces ingrédients, les textes fous du bonhomme, vous aurez dans les oreilles un artiste détenant une personnalité unique.
 

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3. Ty Segall – Manipulator

Sur Manipulator, l’hyperactif Segall y va carrément d’un «best of» de tout ce qu’il peut créer. Du garage rock, du psychédélisme décoiffant, des ritournelles grungisantes, du folk de poteux, le petit génie du rock fait plaisir à ses adeptes en faisant l’éloquente démonstration de tout son talent.
 

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2. The War On Drugs – Lost In The Dream

The War On Drugs passe à l’échelon supérieur avec des superbes chansons évoquant les grands espaces et la contemplation, alliant à la perfection le folk, le rock classique made in USA (Springsteen, Petty) à de sublimes moments vaporeux propulsant l’auditeur en état méditatif. Se bonifie exponentiellement au fil des auditions.
 

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1. Swans – To Be Kind

La première note parfaite de l’histoire de LCA! Michael Gira y va d’un deuxième grand disque en moins de deux ans. Certains pourraient reprocher à ce To Be Kind son penchant opaque/champ gauche, mais ce disque est une œuvre magnifiquement dérangeante et absolument essentielle. Une merveille incantatoire/chamanique qui fera assurément époque.
 

Mentions honorables:

Tanya TagaqAnimism, BeckMorning Phase, LofoforaL’épreuve du contraire, Off!Wasted Years, … And You Will Know Us By The Trail Of DeadIX, Peter Matthew BauerLiberation!, DaranLe monde perdu, The VinesWicked Nature, Blank RealmGrassed Inn, GrouperRuins, SpoonThey Want My Soul, White FenceFor The Recently Found Innocent, Parkay QuartsContent Nausea, The Brian Jonestown MassacreRevelation, Dream PoliceHypnotized, The RaveonettesPe’Ahi, Timber TimbreHot Dreams, Against Me!Transgender Dysphoria Blues, A Sunny Day In GlasgowSea When Absent, Angus & Julia StoneAngus & Julia Stone, Emma Ruth RundleSome Heavy Ocean, Chad VanGaalenShrink Dust.

Les navets de l’année:

ColdplayGhost Stories, The Gaslight AnthemGet Hurt, Neil YoungStorytone, Foo FightersSonic Highways, U2Songs Of Innocence, The Flaming LipsWith A Little Help From My Fwends.

Encore une fois, une année remplie pour Le Canal Auditif qui a vu son lectorat augmenter drastiquement. Je suis plus que touché par le nombre grandissant de lecteurs/mélomanes qui nous suivent et qui nous lisent avec une authentique assiduité.

Bien entendu, LCA ne pourrait pas tourner aussi efficacement sans le bourreau de travail que représente notre vadrouilleur et verbomoteur préféré LP Labrèche. Ce jeune homme effectue un travail colossal! D’une fiabilité parfaite et d’une abnégation qui force l’admiration! Merci LP!

Révérence à nos vétérans collaborateurs: La Brute du Rock, Phil Beauchemin, Mathieu Robitaille ainsi qu’à la magnifique Mademoiselle Rouge. J’aimerais également souligner le considérable apport de nos fidèles acolytes (nouveaux pour certains) que sont Charles Laplante, Marie-Ève Muller, Jean-Simon Fabien, Patrick Felton, Sébastien Moffet, notre scribe «franchouillard» Thomas Rideau, Émilie Asselin, Philippe Desjardins et Francis Berthelot. L’équipe grandit rapidement et c’est bon signe!

Finalement, une génuflexion bien sentie à tous ces musiciens qui me permettent de ne pas sombrer dans le «pépèrisme» complet. Si mon corps vieillit, mon coeur et ma tête sont demeurés d’éternels adolescents… et c’est en grande partie grâce à la musique!

Merci mille fois! On se revoit le lundi 12 janvier prochain. Joyeuses Fêtes!

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