Jason Lytle - Dept. Of Disappearance - Le Canal Auditif

Jason Lytle – Dept. Of Disappearance

Grandaddy, vous connaissez ? Et Jason Lytle ? Pour faire une histoire courte, l’un est l’autre et le deuxième est aussi le premier. Vous comprenez? Quoiqu’il en soit, la musique du gars originaire de Modesto en Californie, déménagé au Montana en 2006 après la dissolution de son groupe (et pour fuir les pesticides!), est reconnaissable entre toutes : goût pour le majestueux et le grandiose, pour les ambiances et sonorités planantes, le tout réalisé, en grande partie du moins, à l’aide d’un petit clavier Casio, d’une batterie toute simple, de quelques solos de guitare et d’un ordinateur. La maxime « faire plus avec moins » s’applique à merveille au monde musical de Jason Lytle, et ce, depuis ses débuts, en 1992.

Voilà que six ans après le dernier disque signé Grandaddy (Just Like The Fambly Cat) et trois après un premier album solo somme toute ordinaire (Yours Truly, The Commuter), le gars est de retour, offrant un Dept. Of Disappearance inspiré rappelant, justement, les belles années de son groupe.

Les nouvelles compositions de Lytle misent sur une multitude de crescendos et de changements de tempo, sur son filet de voix sans assurance et sur un amalgame d’instruments classiques jumelé à des sons électro-bizarroïdes. Rien de nouveau pour ceux qui connaissaient déjà le travail de l’homme-orchestre, mais osons tout de même dire que ce nouvel essai est, et de loin, ce qu’il a fait de mieux depuis le disque Sumday, paru en 2003.

Il annonce d’ailleurs ses couleurs dès la pièce d’ouverture :

« You’ll never get away with this
You’ll never get away with me
I’ll take you to the mountain
I’ll fade away into the trees
(…)
You’ll never get away with this
You’ll never get the clearance
I work for the department
The department of disappearance »

C’est par un flashback musical digne de Retour vers le futur que se propulse vers l’avant le nouveau disque de Jason Lytle. Certes, cela n’annonce pas un renouveau pour l’artiste – certains reprocheront d’ailleurs ce surplace – mais permet à tout le moins de le retrouver en pleine maîtrise de ce qu’il fait de mieux, soit du grandiose… avec pas grand-chose!

Oui, Dept. Of Disappearance contient quelques longueurs, mais à l’écoute des onze pistes il faut conclure que Jason Lytle a retrouvé sa vivacité d’antan, ce qui fera plaisir à ses fans… dont nous sommes, ne le cachons pas!

– À voir : Jason Lytle sera au Métropolis le 6 décembre.

Ma note : 7,5/10

Jason Lytle
Dept. Of Disappearance
Anti Records
49 minutes

www.jasonlytle.com

Commentaires

  1. suzanne a écrit : :

    Wow, je me dois de répliquer, si on dit quoi que ce soit de négatif sur la seule personne au monde pour laquelle j’ai une admiration sans borne!:) Je trouve, au contraire de toi, que le premier solo de Lytle était sublime, une continuité parfaite pour nous faire faire le deuil de Grandaddy. Si tu lis les paroles de Fambly Cat, tu vois que le gars fait son testament de vie, en tant qu’humain et qu’artiste, une chanson après l’autre. « I just want to elevate myself »… J’ai réalisé, en lisant une entrevue qu’il a donné aux Inrockuptibles que ce gars est en cheminement profond, pour ne pas dire spirituel et ca se voit noir sur blanc sur le dernier Grandaddy. Il exprime les pas qu’il a fait pour en arriver là où il s’est rendu… Sur son premier solo, dans la toune « I am lost », qu’est-ce qu’on entend, qu’est-ce qu’il nous fait ressentir ? Et sur certaines autres chansons, plus joyeuses où il parle d’un retour à la maison? Se perdre pour se retrouver, enfin. TOut ça, c’est Jason Lytle et son besoin de partager sa vision des choses de la vie. Il est plus qu’une belle musique à écouter, que de bonnes chansons jouées avec des instruments vintage.
    Pour moi, Lytle est un grand artiste, un mélodiste touchant, un puriste qui n’en a rien à faire de s’emballer de papier de soie tape à l’oeil: il donne ce qu’il est et ce n’est pas qu’un paquet avec une jolie bouclette, c’est un contenu, de vie, d’amour de la vie et de la nature.
    BOn sang, que j’aime ce gars. Je vois un anneau à son doigt sur la drole de vidéo sur ton site. Que dois-je comprendre?:)
    Je l’ai vu il y a deux ans au Petit Campus. Je n’irai pas ce soir, pas pour une simple premiere partie. Je vais écouter son cd, juste ça, en pensant qu’il est là, pas trop loin.

    • Stéphane Deslauriers a écrit : :

      Merci de ce judicieux commentaire! On aime quand les lecteurs critiquent « nos critiques »! Merci de ta participation… Ne t’inquiète pas, on adore Jason Lytle!!!

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