Bon Iver - 22, A Million - Le Canal Auditif

Bon Iver – 22, A Million

Bon IverIl y a cinq ans Justin Vernon faisait paraître l’album homonyme de Bon Iver. Celui-ci avait été salué de toute part pour ses incroyables trames à la facture unique. En 2012, il avait annoncé qu’il prenait une pause du projet. Pendant ce hiatus, il a participé à de nombreux projets et collaboré avec de nombreux artistes, dont Kanye West. Mais voici qu’en juillet, Bon Iver s’est réactivé et il y a environ un mois, on a appris qu’un nouvel opus était en chemin.

Bon Iver n’a pas encore fait de mauvais album. Il a su se réinventer en partant d’un folk assez traditionnel, mais très bien écrit sur For Emma, Forever Ago, aux trames léchées et magnifiques de Bon Iver. 22, A Million poursuit la tradition avec une nouvelle approche plus électronique, mais en conservant le côté soul dans la voix de Vernon. L’Américain s’aventure encore une fois sur de nouveaux terrains et le fait avec brio et intelligence.

Dès les premières notes de 22 (OVER SꚙꚙN), on sent l’approche plus électronique du compositeur. Une tendance qui se confirme avec la sublime et puissante 10 dEAThbREasT qui possède un fond abrasif surplombé par la voix de Vernon qui chante avec fragilité et passion son impuissance. C’est émouvant et mélodieux à souhait. Bon Iver sait jouer sur les cordes sensibles avec sa voix aiguë et 33  »God » le démontre merveilleusement. Il y va d’une pièce avec une belle base de piano qui est à la fois chargée et aérienne. C’est une contradiction délicieuse pour les oreilles.

L’Autotune, qui est extrêmement présent sur 22, A Million, en rebutera sans doute quelques-uns. Par contre, on ne peut reprocher à Vernon de l’utiliser légèrement. Sur 29 #Strafford APTS, il pousse l’effet dans ses recoins et ça distorsionne la voix de manière assez réussie merci. En contrepartie, il y va aussi souvent de sa voix simplement comme sur 8 (circle) qui, avec ses cuivres bien dosés frappe dans le mile. Le talent de mélodiste de Vernon fait surface sur 666ʇ avec brio. Sa poésie reste inchangée par rapport au précédent effort. Elle est hachurée, souvent un peu incomplète et laisse l’auditeur compléter les trous. Cela fait que malgré la grande profondeur et intimité qu’il injecte dans ses paroles, elles deviennent nôtres à l’écoute.

Justin Vernon a attendu 5 ans avant de se relancer dans l’aventure Bon Iver et lorsqu’on écoute les résultats, on lui donne entièrement raison. Le temps lui a permis de se lancer dans une nouvelle direction et l’empêche de créer pour créer. 22, A Million est un album conséquent qui possède une forte personnalité. On aime ou on n’aime pas, mais on ne peut certainement pas lui reprocher un manque de rigueur et de créativité.

Ma note: 8,5/10

Bon Iver
22, A Million
Jagjaguwar
35 minutes

http://boniver.org/

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