Frank Carter & The Rattlesnakes - Blossom - Le Canal Auditif

Frank Carter & The Rattlesnakes – Blossom

Frank Carter & The Rattlesnakes«Frank Carter revient au punk hardcore et c’est une grande nouvelle, quelqu’un s’il vous plaît, versez-moi un pichet d’ale anglaise sur la tête»

Voici une citation que j’aurais très bien pu dire… et ce n’est pas faute de l’avoir pensé. Car avant même de parler de ce Blossom, le retour aux proverbiales sources punks de Carter (anciennement de Gallows) est une bonne nouvelle pour la musique qui brasse en général.

Bon alors je vous fais l’histoire courte? Carter et ses Gallows débarquent avec Orchestra Of Wolves sur l’étiquette Epitaph, remarqués par Converge notamment. Le rouquin chanteur captive pour ses tatouages et ses crachats ultras cyniques envers la couronne britannique, la condition mâle et l’humanité dans son ensemble. Après un second album plus carré et plus concis, Grey Britain, Carter quitte le navire pour Pure Love, un immonde projet pop rock plus près d’Aerosmith que de Black Flag, on se comprend.

Gallows renaîtra – mais pas tant que ça – en accueillant à bord Wade McNeil d’Alexisonfire.

Alors voilà. Carter s’entoure de ses Rattlesnakes et il est prêt à répandre son venin à nouveau. Sur le plan musical, on est plus proche d’Orchestra Of Wolves que de Grey Britain: les riffs sont plus saccadés, plus funky, plus hardcore que punk carré. Et c’est une bonne chose.

Au rayon des cordes vocales, Carter n’a certes pas la «forme des beaux jours», lire ici, cette manière de japper comme s’il avait une laine d’acier dans le gorgoton. Peut-être est-ce l’«expérience» qui le rattrape, mais une chose est sûr, on a encore droit à une livraison sur la corde raide, urgente, fâchée. Le rouquin poids plume vomit encore son irrévérence et sa franche propension au «fuck toute» vitriolique… et c’est parfait ainsi.

Convainquant donc Carter lorsqu’il beugle «If you got teeths then sink ‘em in» dans Fangs, un titre qui évoque Will Someone Shoot That Fucking Snake des Gallows.

Maintenant les Rattlesnakes: ils ont du pif, ils jouent comme les Cramps, comme des «psycho bill’s» enragés, comme les Butthole Surfers en embusquant des passes de hardcore syncopées, mais des choix de post-production ternissent leurs attaques. Oui, l’instrumentation est efficace et tout à fait rentre dedans, mais ça manque de «oumphf» comme dirait Josée di Stasio… mais un «oumphf» de spontanéité, de garroché, de pas lisse. On le remarque surtout au coeur de l’album, entre les titres cinq et sept, moins forts que les morceaux de tête et de proue.

Mais des fois aussi, la rage et la colère s’expriment de manière tellement plus puissante lorsqu’elle est contenue… Eh bien, I Hate You, dernier titre sur Blossom en est un exemple saillant. Ce morceau est gorgé de ressentiment, de mauvaise foi et d’un ironique discours de supériorité mâle, mais il est également le plus groovy, le plus senti tout en étant le plus lent de l’exercice.

Bref, Frank Carter a encore du fiel dans le réservoir et on est heureux de le retrouver en forme sur un album efficace aux multiples clins d’oeil.

Mais il faudrait que le prochain soit plus sale OK?

Ma note: 7/10

Frank Carter & The Rattlesnakes
Blossom
International Death Cult
35 minutes

http://www.andtherattlesnakes.com

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