Femme Accident - Hum - Le Canal Auditif

Femme Accident – Hum

10344769_861302797222235_2380241530570758290_nPetite anecdote personnelle: j’ai découvert Femme Accident au mois de février 2011 lors d’une performance offerte en première partie de Shortpants Romance qui lançait (à Québec) leur album Shotgun Divorce. À ce moment, je n’avais absolument aucune idée à quoi m’attendre de ce groupe, tant quant au style qu’à la forme et au contenu. Je me souviens clairement de ma réaction après deux ou trois chansons. Pour quelqu’un qui vénère l’album Split de Lush autant que moi, le tsunami d’effet chorus généré par la Rickenbacker de Benjamin Deshaies me donnait l’impression, pour l’espace d’une soirée, d’être en compagnie d’Emma Anderson et de Miki Berenyi. Une fois la performance de Femme Accident terminée, je me suis empressé d’aller personnellement féliciter les membres du groupe tout en prenant soin de les comparer élogieusement à Lush.

Après cette concluante expérience, j’étais bien préparé à recevoir le premier maxi de Femme Accident (Charms, paru en 2011) ainsi que leur premier album Shiver proposé en 2013. En 2014, le groupe décide de revenir à la charge avec un nouvel opus (Hum) qui, dès les premières notes de Watch Me Burn, nous propulse directement au temps des grandes années de 4AD (le début des années 90 en ce qui me concerne). Nous avons très rapidement la confirmation que Femme Accident maîtrise assez bien l’art de l’utilisation du chorus dans ses chansons. Il s’agit d’un art longuement maîtrisé par les grands maîtres du post-punk, de la coldwave et de la new wave des années 80 (voire For Against, The Comsat Angels, Red Lorry Yellow Lorry, The Smiths, The Cure, Cocteau Twins, etc.) mais qui, au fil des dernières années, a malheureusement été trop souvent mal utilisé, oublié ou carrément snobé.

À cet égard, c’est ce qui rend la démarche de Femme Accident si pertinente. On a toujours cette impression, en écoutant Hum, que le groupe crée de la musique par passion et non en vue d’acquérir une certaine notoriété ou une pseudo-popularité en surfant sur la mode de l’heure. On a ce sentiment qui nous pousse à croire que la formation a consciemment décidé de faire abstraction des tendances observées dans la dream pop et le shoegaze contemporain afin de se consacrer entièrement à l’élaboration de chansons efficaces qui ont un sens pour les membres du groupe. D’autre part, malgré l’ambiance assez mélancolique qui se dégage de Hum, Sophie Montpetit, Benjamin Deshaies et Jonathan Guilbeault trouvent habilement le moyen d’ajouter une bonne dose d’adrénaline à leur proposition (notamment sur la chanson plus énergique Last Thoughts où certains pourront entendre des sonorités qui rappellent l’excellente pop psychédélique lo-fi des formations Rancho Relaxo ou The Asteroid #4). On approuve d’ailleurs sans retenue l’utilisation bien dosée des synthétiseurs (par exemple sur Bright Lights) et du mixage global assez discret (mais très efficace) de la voix éthérée de Sophie Montpetit.

Si nous devions qualifier Hum à l’aide d’une seule et unique phrase, disons simplement que Femme Accident a produit un excellent album qui est d’une honnêteté surprenante. Dès lors, qui ne peut pas être enthousiaste vis-à-vis de l’avenir de cette formation montréalaise qui représente dignement le Québec en matière de shoegaze? On attend avec impatience le prochain album.

Ma note: 8/10

Femme Accident
Hum
Sainte Cécile
39 minutes

www.femmeaccident.bandcamp.com

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