Dumas - Dumas - Le Canal Auditif

Dumas – Dumas

cover_DumasEn 2001, Dumas s’est positionné comme un auteur-compositeur-interprète fort pertinent avec la parution de l’album Le cours des jours; opus phare de la discographie du musicien. Parmi les bons coups de l’artiste, on note également le concept des quatre créations sonores colligées pour chacune des saisons (Nord, Rouge, Demain et Au bout du monde) présentées en 2008-2009 et rapaillées sous une seule et même appellation: Traces. Trois ans après un tiède L’heure et l’endroit, Dumas est de retour avec un éponyme lorgnant vers l’électro-pop sexy…

Réalisée par Jonathan Dauphinais, cette production ramène Dumas à la délicatesse musicale évoquée sur Le cours des jours, mais en format beaucoup plus synthétique. Avec l’aide d’Alexandre Soublière aux textes, l’auteur nous raconte des histoires portant sur le temps qui passe et sur les amours soyeux/aigres. Donc, rien de bien nouveau concernant l’univers littéraire de Dumas… mais également rien de bien nouveau musicalement parlant!

Et c’est ce qui contrarie à l’écoute de ce disque. On a déjà connu l’instrumentiste plus aventureux et connaissant la grande curiosité du mélomane Dumas, on demeure quelque peu sur notre appétit au fil des écoutes. À dire vrai, on s’attendait à une prise de risque plus accentuée. Cette production est très bien réalisée et mélodiquement à point, mais on sent le songwriter sérieusement prisonnier de ses tics/manies et ce n’est pas l’électro-pop «middle of the road» prodigué qui vient camoufler cette évidence.

Cela dit, les adeptes vont s’y retrouver aisément et puisque Dumas est un créateur chansonnier talentueux, cette offrande obtient tout de même la note de passage. Ce qui est déconcertant à l’écoute de cette conception sonore, c’est qu’on ne retrouve pas le dynamique homme de scène qu’incarne si bien Dumas. Tout est trop bien rangé/contrôlé et ça manque parfois de folie et de vigueur.

Qu’à cela ne tienne, cet album renferme quelques chansons fort valables. On fait référence au refrain captivant d’Une journée parfaite, la new-wave en toc Ann Peebles, la funky Sa Chambre et la très Le cours des jours titrée Silence Radio. On a moins apprécié le refrain choral mille fois entendu au cours des dix dernières années sur État voyou et l’inerte Compte à rebours. Pas une élaboration désagréable, mais on croit Dumas capable de beaucoup mieux.

Au final, on sent le créateur chansonnier assis entre deux chaises, un peu captif de sa formule, mais somme toute il réussit à présenter un éponyme qui garde la tête hors de l’eau. Un effort drastique de renouvellement créatif serait sincèrement apprécié sur la prochaine tentative. Ça fait somme toute le travail.

Ma note: 6/10

Dumas
Dumas
La Tribu
38 minutes

dumasmusique.tumblr.com

Exprimez-vous!

*