Deafheaven - Sunbather - Le Canal Auditif

Deafheaven – Sunbather

5082Deafheaven est un quintette originaire de San Francisco et qui est signé sous l’étiquette Deathwish fondé par Jacob Bannon de Converge, mais il faut préciser que c’est d’abord et avant tout l’œuvre de George Clarke (voix) et Kerry McCoy (guitare). Ils sont rejoints sur scène par Daniel Tracy (batterie), Stephen Clark (basse) et Shiv Mehra (guitare). Pour ceux qui ne les connaissent pas, Deafheaven sonne un peu comme si Dimmu Borgir avait couché avec My Bloody Valentine en écoutant beaucoup d’indie-rock. Leur son est dense comme les black métalleux norvégiens et saturé comme les «shoegazer» anglais mais définitivement mélodique.

Sunbather est leur deuxième album studio et confirme Deafheaven comme étant une force à redouter dans le milieu du métal/noise rock. Clarke et McCoy ne lésinent pas sur les longues pièces et on retrouve sur la galette quatre morceaux de plus de neuf minutes. Les deux Américains naviguent aisément entre des sonorités plus douces et aériennes de même que de longs riffs très lourds et saturés qui savent faire balancer de la tête. Leur facilité de passer de distorsions bruyantes vers des mélodies nettes et épurées est tout simplement impressionnante.

Dès Dream House, Deafheaven ne laisse planer aucun doute sur leur puissance; véritable mur de son à travers lequel George Clarke s’égosille avec force. Si vous aviez envie d’écouter cet album pour les paroles, vous serez déçus, la voix n’est pas mise à l’avant-plan et nous est servi comme un authentique instrument plutôt que comme un véhicule de communication. Ces inflexions vocales ajoutent merveilleusement au côté épique des mélodies du quintette. La pièce titre de l’opus fait aussi figure de proue avec son riff étiré en longueur qui permet à Tracy d’y aller avec force derrière sa batterie. On découvre d’ailleurs un percussionniste hors pair qui montre toute sa force sur The Pecan Tree où il allie une hyperactivité à une vitesse d’exécution qui sort de l’ordinaire.

On retrouve aussi sur Sunbather des échantillonnages de voix qui sont habillés de sonorités saturées à la manière de Tool. Que ce soit un prédicateur sur Windows ou la voix qui laisse place à une guitare acoustique sur Please Remember, ces pièces viennent donner un repos aux oreilles entre deux chansons agressives.

Au final, il est difficile de ne pas s’émerveiller devant Deafheaven qui catapulte un album plus qu’intéressant, aux mélodies bruyantes qui se tracent un chemin rapidement jusqu’à votre cerveau et qui viennent y planter fanion. Une galette solide faite pour les fanatiques de métal et de tout ce qui est bruyant.

Ma note : 8.5/10

Deafheaven
Sunbather
Deathwish
60 minutes

deafheaven.com/

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