Critiques

Ty Segall

Ty Rex

  • Goner Records
  • 2015
  • 32 minutes
7

Ty-RexEn voilà un qui a besoin de moins en moins de présentation: Ty Segall. On va se le dire. Il est l’un des artistes-chouchous du Canal Auditif. Soyez sans crainte, on demeure toujours objectif à l’endroit du rockeur californien. L’hyperactif et sitedemo.cauctif «riffer» était de retour vendredi dernier avec une énième parution titrée Ty Rex. Disque qui rassemble des relectures des chansons de Marc Bolan (alias T. Rex); pièces qui ont été enregistrées en 2007 et en 2011. Le lien entre Segall et Bolan? Totalement évident. Segall a emprunté beaucoup à son idole, entre autres, la tonalité vocale, le phrasé et parfois même l’accent «british» de Bolan.

Pour guider nos jeunes mélomanes, Marc Bolan a été à la tête d’un duo folk psychédélique nommé Tyrannosaurus Rex au début de sa carrière. Par la suite, il a décidé de faire cavalier seul en transformant son projet en groupe de glam rock baptisé T. Rex. Au début des années 70, Bolan a fait paraître deux chefs-d’œuvre du genre: Electric Warrior et The Slider. C’est alors la consécration au Royaume-Uni! Bolan est malheureusement décédé dans un accident d’auto le 15 septembre 1977. Assez pour la petite histoire.

Sur cet album, on retrouve majoritairement des chansons de T. Rex, mais également des reprises issues de Tyrannosaurus Rex, dont Salamanda Palaganda, Cat Black et Elemental Child, toutes réussies par ailleurs. Est-ce un disque pertinent ou doit-on le classer dans la rubrique «remplissage»? Bien franchement, le penchant nettement plus garage qu’insuffle Segall à ces classiques est divertissant et amusant. Ça respire le gros fun sale, c’est fait sans aucune espèce de prétention et on ressent la profonde affection que Segall éprouve pour le travail de Bolan et parfois, ça n’en prend pas plus que ça!

Est-ce une création qui sera écoutée frénétiquement en boucle? Pas nécessairement, mais ce Ty Rex a au moins le mérite de faire la lumière sur l’œuvre d’un des plus importants musiciens britanniques des années 70. Bolan est tristement méconnu de ce côté-ci de la grande flaque et Segall lui offre une génuflexion sentie et fort appréciée. En écoutant attentivement ces adéquates réinterprétations, on fait le lien de filiation rapidement entre les deux musiciens.

C’est tout bon du début à la fin, mais j’ai particulièrement tripé sur la rageuse Buick Mackane, la bleusy/crotté The Slider, la quasi-punk 20th Century Boy, la «poteuse» Salamanda Palaganda de même que sur le folk cannabisant (oui, le qualificatif inventé est de retour!) Cat Black.

Au final, ce Ty Rex permettra aux jeunes amateurs de rock de mettre le pied dans l’engrenage musical de T. Rex et ainsi parfaire leurs connaissances de l’histoire du rock. Oups! Je deviens paternaliste et un peu prétentieux… Sans blague, voilà un hommage sincère et sans artifice à un musicien mésestimé (du moins ici même en Amérique) de la part d’un jeune rockeur de talent.

 

http://emotionalmugger.com

Exprimez-vous!