Critiques

Real Estate

Atlas

  • Domino Records
  • 2014
  • 38 minutes
6

realestate_atlasAujourd’hui même, le quatuor résident de Ridgewood, New Jersey, nommé Real Estate, et formé d’Alex Bleeker, Etienne Pierre Duguay, Martin Courtney et Matt Mondanile, lance dans les bacs son troisième album titré Atlas. En 2011, le groupe avait fait paraître Days et votre sympathique scribe avait tout de même apprécié cette parution, malgré la linéarité qui s’en dégageait. Real Estate présente un soft-rock détenant des liens de filiation avec les Go-Betweens, les Feelies et parfois même avec les Stone Roses; particulièrement en ce qui concerne l’approche vocale du chanteur/guitariste Martin Courtney.

Donc, y a-t-il du nouveau dans l’univers feutré et douillet de Real Estate? À vrai dire, le groupe demeure résolument dans sa zone de confort en nous sitedemo.caiguant de charmantes ritournelles animées de guitares arpégées cristallines, appuyées par une section rythmique discrète/élémentaire et nimbées par ces mélodies veloutées gracieuseté de Martin Courtney. Cette fois-ci, Real Estate plonge dans une douce mélancolie maîtrisée qui évoque un peu plus l’ennui que la détresse…

Ce qui dérange à l’écoute de cette conception sonore, c’est encore une fois cette lassante linéarité musicale combinée à un centrisme émotif beaucoup trop accentué. Chez Real Estate, tout semble tellement facile et élaboré sans de véritables efforts probants, qu’on en vient à se demander si on est en face d’un groupe foncièrement fainéant. Bien sûr, on exagère, car ces jeunes musiciens possèdent une individualité musicale bien à eux… mais on a parfois l’impression d’entendre une musique symbolisant parfaitement la morosité consumériste tranquille et le penchant conservateur/rectiligne de la banlieue américaine.

Aux premières écoutes, Atlas nous a laissé complètement de marbre, mais au fur et à mesure que se sont alignés les auditions, on a été séduit par quelques morceaux de qualité: le simple légèrement ensoleillé Talking Backwards, l’instrumentale April’s Song, l’irrésistible progression d’accords dans Crime, les croisements guitaristiques concluants sur Primitive et la rythmique sortant quelque peu des sentiers battus dans Horizon. En contrepartie, on se serait bien passé des soporifiques Past Lives, How Might I Live et Navigator.

Difficile d’avoir une opinion tranchée et limpide sur cette création, car Real Estate est le parfait groupe de nerds/hipsters gentillet qui créé un soft-rock reflétant plausiblement et impeccablement la personnalité type du jeune banlieusard blanc, conformiste en apparence… et qui semble s’ennuyer sérieusement dans son bled sans relief. C’est bien fait, bien réalisé, bien exécuté, mais en ce qui nous concerne, voilà un disque sobrement soporifique manquant profondément de soubresauts sonores. En contrepartie, les fervents de la formation ne seront absolument pas déçus.

Ma note : 6/10

Real Estate
Atlas
Domino Records
38 minutes

talkingbackwards.realestatetheband.com

Exprimez-vous!