Critiques

Thee Oh Sees

Orc

  • Castle Face Records
  • 2017
  • 51 minutes
8
Le meilleur de lca

Il y a des choses qui ne changent pas. La crème glacée à la vanille. Le lever du soleil. La bonne bière froide du samedi après-midi… et la parution annuelle d’un album de Thee Oh Sees. Dorénavant, je devrai les nommer « Oh Sees », car John Dwyer, meneur incontesté de la formation, vient de supprimer le « Thee » de l’appellation. Y-a-t-il un lien à faire avec le départ du batteur no. 2, Ryan Moutinho, puisque le bonhomme a quitté le navire à la fin de la dernière tournée ? Probablement. Mais soyez sans crainte, tout « tapocheux » avide de psychédélisme rêve de s’aligner aux côtés de Dwyer. On salue donc l’arrivée de Paul Quattrone qui vient remplacer Moutinho.

Voilà donc ce Orc qui pointe le bout de son nez à la fin de cet été à humeur variable… « climatiquement » et socialement parlant. Si le diptyque A Weird Exit et An Odd Entrances avait satisfait les plus exigeants consommateurs de cannabis, eh bien, la sortie de ce Orc devrait les rassasier encore plus. Cette fois-ci, Dwyer délaisse, par moments, les ascendants krautrock qui caractérisaient les derniers efforts du groupe afin d’incorporer des influences folk rock des années 60. Je pense ici à la superbe Keys To The Castle; surtout à sa conclusion qui met de l’avant un violon frémissant. De toute beauté !

Les chansons épiques sont curieusement bien ramassées, sans se perdre dans les méandres de la virtuosité superflue. Les grosses guitares côtoient les instants « dans les vapes » souvent au sein d’un seul et même morceau. Encore une fois, cette nouvelle création fait la démonstration manifeste de tout ce que peuvent accomplir Dwyer et ses collègues.

À la sortie des deux premiers extraits, The Static God et la « quasi-doom » Animated Violence, on savait que Orc tenait la route, mais ce voyage dans le monde givré de Dwyer, d’une durée de 51 minutes, est une autre réussite qui se passe de clarifications.

De bonnes chansons, en voulez-vous ? Le fondu sonore à la fin de Jettison donne envie d’appuyer sur « jouer » à répétition. Répété ad vitam æternam, le motif de guitare dans Paranoise nous replonge dans le krautrock. L’envie de faire l’amour sous l’effet des drogues douces nous prend à l’écoute de la magnifique Drowned Beast. Et tout ça se termine avec une sorte de solo de batterie minimaliste intitulée Raw Optics. Du gros stock !

Après avoir rédigé d’innombrables critiques portant sur les créations de Dwyer, je dois avouer qu’il me manque de mots pour décrire convenablement le travail de cet increvable rockeur. Que serait la vie sans les « Oh Sees » ? Exactement la même chose que si la petite frette du samedi après-midi n’existait plus. Allez les tripeux ! N’hésitez pas une seule seconde. C’est encore un maudit bon disque.

Ma note: 8/10

Oh Sees
Orc
Castle Face
51 minutes

https://www.castlefacerecords.com/sitedemo.caucts/oh-sees-orc

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