Critiques

Nails

You Will Never Be The One Of Us

  • Nuclear Blast Entertainment
  • 2016
  • 21 minutes
7,5

NailsVous connaissez le concept de la téquila australienne? Tout d’abord, cela implique de se préparer un shooter de téquila comme d’habitude avec le sel et le quartier de citron. C’est au moment de le consommer que ça se gâte. Il faut d’abord sniffer le sel, ensuite boire le shooter et se presser le jus de citron dans les yeux. Par expérience, je peux confirmer que c’est assez douloureux. Nails, c’est littéralement une téquila australienne pour les oreilles. Aucun répit. Aucun moment tendre. Aucune pitié.

Plusieurs journalistes musicaux définissent la musique de Nails comme étant du hardcore. J’ai appris avec le temps que le terme a le dos large et couvre pas mal toutes les sphères de la musique heavy où un chanteur s’époumone en évacuant toute trace de mélodie. Cependant, avec le trio formé de Todd Jones, John Gianelli et Taylor Young, on est loin du hardcore de Minor Threat et Black Flag. C’est pourquoi j’ai tendance à les classer dans le grindcore ou la powerviolence. La durée de leurs albums plaide également pour ma cause. Leur premier album, Unsilent Death, durait un gros 13 minutes. Abandon All Life en durait 17 et celui-ci les fait tout juste franchir la barre du 20 minutes, en partie grâce à They Come Crawling Back qui en dure plus de 8 à elle seule.

Si j’apprécie énormément le chaos contrôlé créé par les trois types et l’uniformité de leurs assauts répétés, c’est au moment d’analyser les paroles que ça se gâte un brin. Dans la chanson titre, le groupe règle ses comptes avec ce qui semble être un ou des membres d’un autre band de la scène non identifié. Sa position semble d’ailleurs fermement appuyée par des membres clés de la scène métal américaine puisqu’on y entend à tour de rôle les Scott Kelly, Jake Bannon et John Baizley répéter le titre de l’album un après l’autre. Jusqu’ici, tout va bien. C’est sur Parasite que les propos sont les plus douteux. Todd y invite pratiquement l’auditeur à tuer des drogués (Desecrate them all/No one will weep/When the drug culture wasteland sheep/Are all put to sleep) et ça fait un peu «drettiste extrême» à mon goût. Mais bon, dans le monde de Nails, tout se règle dans la violence et honnêtement, il faut avoir les deux yeux collés sur la feuille de paroles pour capter l’information contenue dans les hurlements barbares du monsieur épeurant.

En fin de compte, Nails est un groupe pour les initiés de longue date à la musique heavy. Ce n’est pas la porte d’entrée la plus facile du très vaste monde du punk et du métal. Ce serait un peu comme commencer à prendre de la drogue en fumant du crack (probablement que Todd Jones détesterait cette comparaison). Ceux qui carburent depuis longtemps à la vitesse et à la brutalité adoreront ce disque et les autres changeront de trottoir lorsqu’ils le croiseront dans la rue.

Ma note: 7,5/10

Nails
You Will Never Be One of Us
Nuclear Blast
21 minutes

https://nailssl.bandcamp.com/music

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