Critiques

Eels

The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett

  • E works / PIAS
  • 2014
  • 41 minutes
6,5

Eels_CautionaryTales_Cover_Square_web-608x608Mark Oliver Everett, âgé de 51 ans, revient à la charge cette semaine avec un onzième album studio titré The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett. L’an dernier, le songwriter américain avait lancé un très bon Wonderful, Glorious sur lequel on retrouvait avec grand plaisir un créateur électrifié. Cette fois-ci, Eels a puisé son inspiration directement du Plastic Ono Band (supergroupe articulé autour de John Lennon, Yoko Ono et Klaus Voorman) dont le premier album paru en 1970 est un pur chef-d’œuvre.

La genèse de ce Cautionary Tales remonte avant l’effort antérieur mentionné au paragraphe précédent. En effet, Everett avait composé de multiples ritournelles mélancoliques/personnelles et manquait d’inspiration pour en venir à bout. Il laissa en plan ce projet et concentra ses efforts sur Wonderful, Glorious. On retrouve donc Eels en mode vague à l’âme, assez folk, souvent orchestral, alliant l’univers musical sitedemo.caigué sur le sublime Blinking Lights And Other Revelations et l’orfèvré Live At Town Hall.

L’auteur-compositeur-interprète fait l’étalage de tout son arsenal instrumental incluant basson, scie musicale, célesta, orgues, violoncelle, xylophone, orchestrations de cordes, piano et bien entendu les éternelles guitares folkisantes arpégées. Les fanatiques se retrouveront en terrain totalement familier. Ceci dit, même s’il y a déjà bien longtemps qu’on a abandonné l’idée d’une certaine réinvention de la part du bonhomme, est-ce que Eels est à la hauteur?

À certains moments, Everett brille de tous ses feux et à d’autres, malgré la véracité des émotions exprimées, notre tristounet bonhomme sitedemo.caigue quelques chansons dépouillées assez quelconques et surtout monotones… surtout en deuxième moitié d’album. On fait référence aux soporifiques Series Of Misunderstandings, Kindred Spirit, la pianistique Gentleman’s Choice et la faussement singulière Dead Reckoning; comme si le créateur se complaisait sans ménagement dans l’adversité et était incapable d’insufflé un peu de beauté à son spleen.

En contrepartie, on se réapproprie le Eels que l’on affectionne sur les superbes Parallels et A Swllow In The Sun (évoquant l’ami Beck), la très Lennon intitulé Lockdown Hurricane, la prenante Agatha Chang ainsi que sur le constat implacable qu’Everett fait sur lui-même nommé Mistakes Of My Youth. Lorsqu’on débute l’audition de ce Cautionary Tales, on croit être devant un grand disque et, lentement, mais sûrement, notre enthousiasme décline jusqu’à l’ennui. Dommage!

Qu’à cela ne tienne, les aficionados du bougre ne le laisseront pas tomber pour autant et les fervents de Nick Drake ou encore d’un Beck en format folk seront ravis. Peut-être que Eels devrait prendre une pause (fort méritée par ailleurs) afin de se ressourcer… mais on en doute fortement, car c’est inscrit dans le code génétique de Mark Oliver Everett d’écrire et de composer des chansons. Une petite désillusion!

Ma note: 6,5/10

Eels
The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett
E Works/Pias
41 minutes

www.eelstheband.com

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