Critiques

Deerhunter

Monomania

  • 4AD
  • 2013
  • 43 minutes
8
Le meilleur de lca

deerhunter-monomaniaAujourd’hui l’importante formation américaine Deerhunter lance dans les bacs son cinquième album studio : Monomania. Assemblé autour de Bradford Cox, appuyé éloquemment par Lockett Pundt, Deerhunter crée une mixture de noise rock, de shoegaze et de rock expérimental de haut niveau. Fait à noter, le bassiste Josh Fauver a quitté le bateau pour être remplacé par Josh McKay. Après le superbe Halcyon Digest paru en 2010, est-ce que Deerhunter réussit encore à nous surprendre avec ce Monomania?

Enregistré au Rare Book Room Studio de Brooklyn et réalisé une fois de plus par Nicolas Vernhes, Deerhunter nous sert une conception sonore nettement plus rock’n’roll que le précédent effort, transportée par des déflagrations de guitares magnifiquement salopées, des mélodies captivantes comme seul Bradford Cox détient le secret de même qu’avec quelques morceaux apaisants judicieusement saupoudrés ça et là.

Bien entendu, les ascendants musicaux incontestables pullulent (Pixies, Bowie, My Bloody Valentine, Velvet Underground etc…), mais ceux-ci sont astucieusement malaxés afin de créer un univers sonore qui possède hors de tout doute sa propre signature sonore. Deerhunter ne réinvente pas le rock, mais avec ce Monomania, le groupe contribue à le garder bien vivant grâce à une exécution frétillante et une interprétation urgente.

Monomania est un disque de rock’n’roll opérant, assez avant-gardiste, et ce, malgré le penchant plus intelligible préconisé par le quatuor. Là où les Strokes ont lamentablement échoué dans la quête d’une place au panthéon de l’indie rock américain, Deerhunter tient la flamme bien haut et devient avec cette offrande une référence musicale. La bande à Bradford Cox est tout simplement au sommet de son art!

Cette sitedemo.cauction renferme une panoplie de joyaux glam/noise/punk/shoegaze brinquebalants de qualité supérieure! Que ce soit la voix grisante et trafiquée de Cox dans Neon Junkyard, le sublime tonnerre sonore qui met le feu aux poudres dans Leather Jacket II (à rendre cinglé l’amateur de rock abrasif en vous), la country rock désarticulée Pensacola, la quasi power-pop titrée Dream Captain, la très Pixies Blue Agent, les bondissantes (à la Strokes) nommées respectivement Sleepwalking et Back To The Middle, le simple décapant Monomania et l’acoustique Nitebike, vous aurez dans vos oreilles un alignement de ritournelles exemplaires.

Deerhunter est un collectif qui maîtrise parfaitement l’écriture chansonnière rock. Oui, les structures sont élémentaires et accessibles. Oui, les mélodies concoctées par Cox restent collées dans le cortex cérébral, mais les arrangements, la réalisation, l’exécution, la recherche musicale de sonorités dissonantes et cette heureuse propension à « jouer du studio » font de Deerhunter un groupe rock de luxe. Un autre tour de force au compteur!

Ma note : 8/10

Deerhunter
Monomania
4 AD
43 minutes

4ad.com/artists/deerhunter

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