Critiques

Anna Calvi

One Breath

  • Domino Records
  • 2013
  • 40 minutes
8
Le meilleur de lca

99332-sortie-du-nouvel-album-danna-calvi-one-breathDeuxième album fort attendu de la part de la talentueuse musicienne anglaise! En effet, l’émule de PJ Harvey, Siouxsie Sioux et Jeff Buckley (qui avait fortement impressionné avec son premier album homonyme) revient à la charge aujourd’hui même avec One Breath. Réalisé habilement par John Congleton (Marilyn Manson, Clinic, The Walkmen), est-ce que ce One Breath vient confirmer une nouvelle fois toute la maturité, la virtuosité et les capacités mélodiques dont elle nous avait fait l’éloquente démonstration sur sa première offrande?

En premier lieu, Calvi nous fait cadeau d’une conception sonore tourmentée, mais curieusement euphorisante et variée (stylistiquement parlant) comparativement à l’effort précédent. Au programme? Des envolées orchestrales à la Ennio Morricone, des guitares criardes/foudroyantes, à certains moments quasi punk, des mélodies fédératrices, des niveaux d’intensité complexes, une interprétation impétueuse et une réalisation orfévrée qui rehausse la qualité d’écriture chansonnière de Calvi.

One Breath est un disque plus touffu et hétéroclite que la tentative antérieure, mais la véritable force de ce deuxième rejeton réside dans cet effort conscient de Calvi de s’éloigner des références musicales évoquées précédemment dans le texte. On y entend encore du PJ et du Siouxsie, mais l’impact de ces modèles est amenuisé grandement par une signature sonore beaucoup plus affirmée et personnelle. La dame prend des risques, triture ses chansons et vient confirmer hors de tout doute son immense talent.

Un album tout aussi ténébreux et opaque que crasseux et grandiloquent, et peu de jeunes musiciens peuvent se targuer de créer une musique aussi authentique et mature. Est-ce un chef d’œuvre? Non, pas encore, mais ça ne saurait trop tarder, car nous voyons poindre à l’horizon des éléments sonores singuliers de même qu’un mélange judicieux des genres qui permettra à Anna Calvi, et ce, dans un avenir rapproché, de se hisser parmi les grandes dames du rock britannique. Cette œuvre sombre détenant quelques pointes orchestrales lumineuses confirme la dextérité musicale de cette grande en devenir.

Parmi les incandescents morceaux offerts par Calvi sur ce One Breath, nous avons affectionné plus particulièrement la menaçante Suddenly, l’excellent simple Eliza, la grandiose/prenante ainsi que les magnifiques orchestrations de cordes dans Sing To Me, la conclusion mélodiquement réussie dans Tristan, l’apothéose orchestrale dans One Breath, l’absolument décapante Love Of My Life, le crescendo tout simplement jouissif menant à l’assaut final dans Carry Me Over de même que l’éthérée The Bridge.

Nous pourrions résumer ce One Breath d’Anna Calvi en un seul mot: ardeur. Calvi ne fait jamais dans la demi-mesure et c’est ce que nous apprécions le plus chez cette talentueuse confectionneuse de chansons. Fanatiques de rock britannique conjugué au féminin, mettez ce One Breath dans vos oreilles. Impératif et incontournable!

Ma note : 8/10

Anna Calvi
One Breath
Domino Records
40 minutes

annacalvi.com

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