Critique : Omar Souleyman - To Syria, With Love - Le Canal Auditif

Critique : Omar Souleyman – To Syria, With Love

Omar Souleyman est le héros d’une histoire improbable qui a fait découvrir sa dabka (une musique traditionnelle syrienne) à l’Occident. En 2007, lors d’un voyage en Syrie, Mark Gergis le découvre, revient aux États-Unis et fait paraître une compilation nommée Highway to Hassake. L’engouement s’est fait sentir tout de suite si bien que par la suite, Souleyman a travaillé avec Four Tet et Modeselektor. Pour ce nouvel album, le syrien a signé chez Mad Decent, maison de disque de Major Lazer et fondée par Diplo.

To Syria, With Love est un tantinet plus pop que Bahdeni Nami paru en 2015 ou encore Wenu Wenu de 2013. C’est essentiellement un album composé pour la fête et on se rend compte qu’Omar Souleyman est un peu l’équivalent de Gilles Vigneault pour la Syrie. Ses chansons sont répétitives, hypnotiques et faites sur mesure pour un bon rigodon moyen-oriental. Ça donne envie de faire une noce juste pour danser sur ses rythmes contagieux.

Ya Bnayya, un des simples parus en prévision de l’album, est une valeur sure, dansante et intoxicante. Ce genre de chanson à répondre qui compte sur des salves de percussions aussi diverses qu’efficaces frappe dans le mile. Tout comme la mélodieuse Ya Boul Habari ou encore la rapide Khayen. Fidèle à son habitude, Souleyman nous offre des chansons qui dépassent souvent le cap des 6 minutes.

Certaines pièces sont aussi un peu plus déposées comme Es Samra ou encore la mélancolique Mawal qui, on le devine, est une sorte de cri du coeur. Mais bon, comme mon arabe se résume grosso modo à dire « shoucran » pour remercier, je ne comprends pas toutes les subtilités du langage qu’Omar Souleyman met possiblement de l’avant. Une chose est sûre par contre, il chante bien et son interprétation nous transmet ce qui nous échappe dans les mots.

Est-ce que To Syria, With Love est parfait? Non. Les chansons fortes sont porteurs, mais on s’ennuie un peu des explorations faites dans le passé par les producteurs avec qui il a travaillé. Musicalement, même si c’est bien enregistré et qu’à quelques moments des effets viennent bonifier l’écoute, ça manque un peu de variété.

Omar Souleyman nous livre un autre album bien intéressant qui donne envie d’aller se dandiner les hanches sur un plancher de danse. To Syria, With Love (et les syriens en ont besoin plus que jamais) est une bande musicale qui accompagne à merveille les soirées chaudes qui sont arrivées.

Ma note: 7/10

Omar Souleyman
To Syria, With Love
Mad Decent
45 minutes

http://maddecent.com/artist/omar-souleyman/

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