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MRCY Fest 2015

QSM-festival-MRCY-2015Pour une deuxième année consécutive, les mélomanes étaient conviés à Laval pour le MRCY Fest qui ferme la marche de la saison des festivals à Montréal. Avant que la température ne rafraîchisse trop et que les feuilles se mettent à changer de couleurs, une myriade de groupes était attendue pour cette journée plutôt chargée en musique. Malheureusement pour certains, dont moi, Battles avait dû annuler sa présence en fin de journée vendredi pour des raisons familiales. On ne vous cachera pas que c’était de loin la performance que nous attendions le plus. Qu’à cela ne tienne, nous avions tout de même devant nous une belle journée de musique. Cette année, l’organisation avait opté pour une configuration à deux scènes, ce qui éliminait les éternels changements de l’année dernière. Une belle initiative.

C’est le groupe Misterwives qui était chargé de lancer les hostilités… passons maintenant aux choses intéressantes. Mettons que ce n’est pas tellement dans notre palette. Un groupe d’indie-pop ultra-conventionnel qui ressemble aux 150 autres qui essaient de se tailler une place sur la place publique. Sans saveur, sans couleur, bref, c’était plate. Puis, un DJ set surprise de Lary Kidd de Loud Lary Ajust. En effet, le jeune homme a eu la gentillesse de remplacer les absents au pied levé. Il faut dire qu’en plus de Battles, Angel Haze a aussi annulé sa présence. Le MRCY Fest a pris l’habitude de mettre à l’horaire des artistes qui adorent se défiler. On se souviendra de Sky Ferreira l’année dernière qui est aussi réputée pour son manque de ponctualité. Les programmeurs prennent des risques, malheureusement à date, ça leur revient pas mal tout le temps dans la face. Mais bon, Lary Kidd, a tout de même diverti la foule avec plusieurs tounes hip-hop d’artistes en vogue. Ce qu’on a discerné? Des bons choix, dont Rae Sremmurd et Ilovemakonnen avec sa chanson Tuesday.

Par la suite, c’est Safia Nolin qui est venu nous livrer les chansons de Limoilou paru un peu plus tôt ce mois-ci. En plus des tubes qui font leur charme, dont Noël Partout, Igloo et plus, elle a fait chanter un beau «bonne fête» au guitariste Joseph Marchand (son accompagnateur) par la foule. C’était de toute beauté. Encore une fois, la paire oscillait entre les pièces mélancoliques de la jeune femme et les numéros de clown attachants entre les chansons. Vraiment, ils sont charmants. Ensuite, c’est la bande de «minces» d’Alaclair Ensemble qui est venue faire danser les babouins et babouines présents sous le soleil chaud de septembre. Une performance énergique et entraînante de la bande qui compte sur beaucoup de talent. On a eu droit à une chorégraphie sur Mon Cou, une Montagnes russes (Serge Fiori) de toute beauté. Maybe Watson qui y est allé d’une tendre Calinour et de la version «gangster» d’Alaclair avec 3 point. Robert Nelson, Kenlo Craqnuque et Eman sont tout simplement époustouflants sur scène et offrent tout ce qu’ils ont d’énergie à la foule. J’étais même fatigué pour eux après leur performance réussie.
 


 

On avait rendez-vous à l’autre scène pour le groupe July Talk qui a présenté les pièces de leur album homonyme paru en 2012 ainsi que quelques nouvelles pistes qui se retrouveront sur le prochain. La foule semblait apprécier l’indie-rock des Canadiens. Pour ma part, je dois avouer que je les trouve énormément convenues et dénuées d’originalité. Les influences sautent aux yeux que ce soit lorsqu’il ressemble à The Kills ou encore à Bloc Party. Par contre, j’ai eu beaucoup plus de plaisir à assister au spectacle du groupe gallois The Joy Formidable. La formation a livré plusieurs pièces issues de Wolf’s Law, leur album paru l’année dernière. Plus la performance avançait et plus la guitare de Ritzy Bryan devenait bruyante. Le groupe a terminé avec deux chansons tirées de leur premier album: Cradle et l’abrasive/magnifique Whirring. Une performance satisfaisante à tout point de vue. Quelle énergie! Ce sont aussi d’excellents musiciens qui mettent de l’avant la musique d’abord et avant tout.
 


 

Puis, c’est la formation Kodaline qui officiait. Vous vous souvenez ce que je vous ai dit sur le premier groupe? On pourrait pas mal leur appliquer la même étiquette. De l’indie-pop mou, même si le groupe donne une bonne performance. Mais bon, encore une fois, ça manque d’épice à mon goût. Je me suis dirigé à l’autre scène pour entendre le «Traplord» lui-même, A$AP Ferg. C’était l’un des moments que j’attendais, mais quelle fut ma déception! Ferg nous a offert seulement trois pièces en versions quasi complètes. Il a rempli tout le reste de sa performance de: «Oh oh», de «suck my dick» et « fuck my bitch» répétés en chœur par la foule. Comprenez-moi bien, je ne fais pas ma Françoise David qui vire dans le puritanisme digne des conservateurs. Mais bon, quand 75 % de ton spectacle c’est du vent… je me sens un peu lésée comme mélomane. Le meilleur moment a été une chanson a capella en honneur d’A$AP Yams qui est décédé un peu plus tôt cette année. Malgré les trames qui étaient entraînantes, c’était décevant et plutôt quétaine. Toutes les pièces finissaient avec un bruit de fusil qui se déclenche… misère…

Ensuite? C’est Local Natives qui prenaient la scène. La formation était visiblement heureuse de revenir dans les environs de Montréal puisqu’une bonne partie de Hummingbird, leur excellent album paru en 2013, a été enregistrée ici. En plus de nous envoyer les excellentes You & I, Breakers et Heavy Feet, la bande nous a offert un avant-goût du prochain album avec deux nouvelles chansons. La première était peu convaincante, mais la subséquente, Whatever You Want était délicieuse pour les oreilles. En plus de tout cela, ils se sont fait plaisir avec une reprise de Talking Heads. Par la suite, c’était le rappeur américain Mac Miller qui venait gâter les Lavallois. Quelle performance de haute qualité. Si le hip-hop de celui-ci n’est pas ce qui m’excite le plus, il donne réellement un «show» digne de ce nom. Généreux, incarné et puissant, il y est allé de quelques commentaires sur la politique américaine avant d’entamer Donald Trump, en plus de livrer Imsoniak et plusieurs pistes de son dernier album: Watching Movies With The Sound Off.
 


 

Finalement, c’est le groupe américain Alabama Shakes qui venait fermer la marche de cette fastueuse journée musicale. Brittany Howard et sa voix puissante valent à elles seules le détour. Avoir autant de soul, c’est quasiment ridicule. Alors qu’elle se jetait dans de longs élans mélodieux, ma poitrine vibrait. C’était magnifique et plus grand que nature. Une belle façon de conclure cette nouvelle édition du MRCY Fest. Bref, grosse journée musicale pour les mélomanes. L’organisation semble avoir été victime de sa popularité puisqu’à 20 h, il ne restait plus de guichets Interac qui fonctionnait sur le site et la plupart des camions de bouffe de rue était quasiment vides. Sans compter qu’ils peinaient à suffire à la demande. Attendre son falafel pendant 45 minutes, ce n’est pas idéal. Si ce n’est de cela, c’était une journée bien plaisante sur l’Île-Jésus.

http://www.mrcyfest.com/

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