Baths - Obsidian - Le Canal Auditif

Baths – Obsidian

5974-obsidianLa semaine dernière, Will Wissenfeld, alias Baths, faisait paraître Obsidian. Âgé de 24 ans seulement, le talentueux musicien avait largué Cerulean en 2010; création qui avait reçu l’approbation d’un grand nombre de critiques. La musique dispensée par Wissenfeld est un savant mélange d’électronica et de pop, bonifié par de somptueuses cordes, des pianos et des claviers adroitement exécutés; mais ce qui caractérise l’œuvre de Baths est sans contredit l’utilisation de percussions inventives et singulières. En effet, le créateur adore les rythmes marginaux incluant crayons, échantillonnages de voix et claquements de ciseaux.

Sur Obsidian, Wissenfeld nous présente un opus plus mélancolique que le précédent effort. Une tentative qui met à l’avant-plan la voix haut perchée et les aptitudes mélodiques supérieures de Baths. Plus épuré, des textes hermétiques, un malaxage pertinent synthétique/classique incluant ces fameux rythmes inhabituels, ce Obsidian prend de l’ampleur au fur et à mesure des auditions.

Ces morceaux électro-pop spacieux nous immergent dans un univers mélancolique et légèrement éthéré. Voilà un musicien pratiquant un style musical pouvant être considéré comme étant austère et froid, mais Wissenfeld crée des chansons redoutablement frissonnantes, touchantes et captivantes. Les premières écoutes pourraient être complexes et exigeantes tant les compositions offertes par Baths sont d’une singularité pop rarement entendue. Cependant, votre persévérance sera largement récompensée.

Le périple dans le monde désarmant de Baths débute avec la syncopée Worsening, l’entraînante Miasma Sky, la pianistique et orchestrale Ironwroks et la très new-wave Ossuary. En milieu de parcours, le brillant instrumentiste y va avec une Incompatible magnifiquement déconstruite, une No Eyes captivante de même qu’une Phaedra quasi tribale, agrémentée d’un piano accentuant la tristesse prodiguée par cette pièce. Ça se conclut avec un piano cadencé qui propulse vers un rythme carré tout simplement jouissif titré No Past Lives (chanson indétrônable de ce disque), l’étonnamment abrasive Earth Death et la remuante Inter.

Si, comme nous, vous en aviez assez de ces productions en toc, abusant abondamment des sonorités factices issues des eighties, cette œuvre pourrait sérieusement vous réconcilier avec ces textures sonores. Intelligemment assemblé, accessible, inventif, authentique et original, ce Will Wissenfeld, avec ce Obsidian, vient de frapper un grand coup. Passionnés d’électro-pop ingénieux, c’est par ici qu’il faut tourner la tête!

Ma note : 7,5/10

Baths
Obsidian
Anticon
44 minutes

www.bathsmusic.com

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