Anjou - Anjou - Le Canal Auditif

Anjou – Anjou

cfea86e3Un abri nucléaire déserté est la première impression que laisse la musique d’Anjou, nouveau projet de deux anciens membres de Labradford; le bassiste Robert Donne et le guitariste Mark Nelson, ainsi que le percussionniste Stephen Hess, collaborateur de longue date pour Pan American. Reconnus donc pour leur travail souvent expérimental dans des genres ambient, drone rock, post-rock et électro, le trio a sorti un premier album en septembre, qui est aussi étrange que plaisant.

L’album débute comme un atterrissage de soucoupe volante avec Lamptest, et ses sons de synthèse interférés par du glitch et des délais de bruit blanc. Le grésillement est juste au bon endroit pour chatouiller les oreilles. Sighting
nous propulse dans l’espace avec ses impulsions de console de navigation, bruits de pistons, et une épaisse strate de synthétiseurs ambiants bien réverbérés. La batterie acoustique est la bienvenue dans la deuxième partie.

Specimen Question change un peu l’élan vers une ambiance plus légère combinée à une radio brisée. C’est un peu court, on comprend que c’est un interlude. Readings
 procède de façon plus post-rock, la guitare est noyée dans les effets, la batterie est salie par la distorsion, la grosse caisse est lourde. Le passage vers Inclosed est d’une douceur, et continue également dans le sillon post-rock avec un développement harmonique guitare, basse et synthétiseurs ambiants. C’est plus développé, plus assumé que la précédente.

Adjustment 
est en quelque sorte le deuxième interlude, et comporte une gamme descendante répétée du début à la fin; bien qu’agréable, on passe à la suivante après la dixième écoute. Backsight reprend là où Sighting nous a laissés dans son exploration spatiale, et est probablement la plus réussie de l’album avec cette dernière. Les bruits de machinerie en boucle, la mélodie qui passe par des sons de synthèse aussi sombres que scintillants; c’est riche et équilibré. Ça se termine avec Fieldwork, plus distorsionnée et percussive.

Anjou, l’album éponyme, est un premier effort incontournable pour tout amateur d’électro expérimental et de post-rock. D’abord parce que le trio combine les deux genres avec une subtilité telle qu’il nécessite une écoute attentive; ensuite parce que la production est impeccable, notamment au niveau du traitement de la distorsion et de la spatialisation. Le seul bémol qui persiste est le sentiment de manquer de percussions, dans la mesure où Hess complète tellement bien le son d’Anjou qu’on se demande pourquoi il n’y en a pas plus. En une phrase, leur musique combine une froideur spatiale avec une chaleur analogique, et c’est certainement là que se trouve mon «coup d’oreilles».

Ma note: 8/10

Anjou
Anjou
Kranky
48 minutes

soundcloud.com/kranky/anjou-sighting

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