Animal Collective - Painting With - Le Canal Auditif

Animal Collective – Painting With

Animal CollectiveEn 2012, la formation électro-pop rock psychédélique machin chouette, Animal Collective, lançait Cetripede HZ qui voyait la formation durcir le ton (pas comme Slayer!) et accentuer l’aspect labyrinthique de sa musique. Un bon disque, même si les détracteurs du groupe sont demeurés aussi nombreux que les fans finis. Le désormais trio (Deakin a quitté après la tournée de Centripede HZ) se retrouve une nouvelle fois ensemble, comme sur le célébré Merriweather Post Pavillon (2009), et nous propose une aventure sonore titrée Painting With.

David Porter (Avy Tare), Noah Lennox (Panda Bear) et Brian Weitz (Geologist) ont travaillé en amont sur ce projet en mettant l’accent sur les rythmes et les voix, tout en misant sur une énergie plus brute inspirée de la musique punk. Dès les premières écoutes, on remarque une concision chansonnière nettement plus accrue. Les chansons sont plus ramassées et vont droit au but, mais c’est la seule et unique référence au punk, croyez-moi! Le penchant tribal de la formation est toujours présent, mais dans un format plus accessible. Fait à noter, l’ascendant ensoleillé à la Beach Boys domine outrageusement ce Painting With. Le premier extrait, FloriDada, est fort éloquent en ce sens.

Donc, exit l’inclination plus abrasive du précédent effort. Clairement, c’est l’album pop d’Animal Collective. Et puis? C’est un bon disque. Moins inventif, moins méandreux, Painting With parie sur la mixture vocale des trois musiciens. Si auparavant, Animal Collective mettait l’emphase sur un seul chanteur appuyé par des harmonies vocales, Avy Tare, Panda Bear et Geologist vocalisent plus que jamais ensemble. L’impact mélodique est nettement plus décuplé.

Évidemment, la gageure effectuée par le groupe comporte aussi quelques imperfections. À mi-parcours de l’album, on se retrouve avec une impression de redite tant la vitesse, le rythme et les mélodies hyperactives sont bourratives ne laissant aucun moment de répit à l’auditeur. Oui, c’est plus condensé, mais curieusement plus «agressant». Si vous portez votre attention sur les mélodies, vous serez subjugués par la virtuosité de même que par l’indéniable maîtrise d’Animal Collective, mais c’est parfois trop!

En plus du simple «beach boy-esque» FloriDada, quelques pièces sont franchement dignes de mention. Je songe aux mélodies ensoleillées qui enjolivent Spilling Guts, à l’hyperactivité mélodique entendue dans The Burglars, à la «poteuse» Hocus Pocus (incluant la participation du vétéran John Cale), au refrain imparable dans Vertical ainsi qu’à la tribale/synthétique Summing The Watch. J’ai un petit bémol sur la quelconque Golden Gal; une chanson trop simpliste et racoleuse.

Du «freak folk» des débuts, aux ambitions bruitistes de Merriweather Post Pavillon, à l’électro-pop psychédélique du dernier né, Animal Collective réussit envers et contre tous à captiver, même si le foisonnement sonore et l’exubérance vocale peuvent parfois taper sur le gros nerf. Ceux qui n’ont jamais embarqué dans le trip ne changeront pas d’idée, mais aucun doute, Painting With est une création pop pertinente.

Ma note: 6,5/10

Animal Collective
Painting With
Domino Recording
42 minutes

http://myanimalhome.net/

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