Critiques

Vincent Vallières

Toute beauté n’est pas perdue

  • Maison Fauve
  • 2021
  • 41 minutes
7,5

Toute beauté n’est pas perdue est l’album qu’on n’attendait pas de Vincent Vallières. Depuis deux albums, Vallières cherchait à retravailler le son. C’était présent, mais timide. Et ça demeurait assez propre.  Cette fois-ci, il nous arrive avec d’agréables surprises!

Ce qui étonne le plus, c’est l’instrumentation qui sans être marginale, va jouer dans un beau spectre de sonorité. Ce changement de cap, allié au talent indéniable de Vallières pour la mélodie vocale et sa livraison toujours impeccable, le résultat est riche.

Heille Vallières qui ouvre l’album donne le ton. Inspiré de Gérald Godin? Peut-être, mais Vallières ici ouvre un dialogue avec lui-même qui découle sur nous parce qu’on se sent tous, un moment donné, déconnecté de ce regard jeune qui refuse les demi-mesures, qui est prêt à recevoir autant la beauté que la violence. Le tout est porté par une grosse basse bien grasse et des guitares électriques efficaces. Ça marche.

Il y a de grosses tounes sur Toute beauté n’est pas perdue. Homme de rien arrive avec une énergie contagieuse et une mélodie vocale impeccable. Elle n’entend plus battre son cœur offre une belle trame narrative de mère de famille à bout. La somme est une touchante pièce nostalgique tout en simplicité. La magnifique Le jardin se meurt qui prend pour sujet un couple qui se désagrège jusqu’à s’attaquer publiquement avec l’aide d’avocats interposés. Mais c’est l’instrumentation parfaite qui retient l’attention. Du très beau travail.

Vallières a aussi fait appel à deux femmes pour l’accompagner sur Toute beauté n’est pas perdue. Ingrid St-Pierre le rejoint sur On dansera sous la pluie qui est sympathique, mais soyons honnête, un peu convenue avec les « ahhhhhh » pour le refrain. Et ce n’était pas nécessaire parce que les deux voix, qui ne sont pas toujours en même temps et qui se chevauchent, se séparent et se réunissent, sont franchement efficaces. L’autre est Marjo qui intervient dans Tout n’est pas pour toujours. Encore une fois, la pièce est un peu convenue, autant dans le texte que dans la livraison. Je suis comme toi est peut-être l’autre pièce qui tombe aussi dans la catégorie guimauve. Le refrain est un peu cliché avec ses voix en arrière-plan qui essaient en vain de nous émouvoir. Vallières est parfait. Pourquoi en rajouter?

Mais c’est un album franchement réussi pour Vincent Vallières qui ose aller dans de nouvelles directions musicales et ça mérite qu’on lui lève notre chapeau. C’est sans contredit son meilleur album depuis Le Repère Tranquille. Ce renouveau fait autant de bien que le printemps.