Critiques

Valaire

Jazz Futon

  • Costume Records
  • 2023
  • 46 minutes
8
Le meilleur de lca

Bien que je cherche généralement à dénicher des groupes un peu moins connus pour mes critiques d’albums, il aurait été difficile de passer à côté de ce qui est sans doute une des plus grosses sorties de 2023. Pur altruisme de faire rayonner, l’instant d’un article, de petits bijoux québécois? Vieilles habitudes de hipsters? Va savoir… C’est cependant avec joie que je sors aujourd’hui de ma tanière indie pour vous présenter Jazz Futon, 7e album des talentueux Valaire.

Après près de 7 ans, le quintette pop-rock-jazz-électro-funk-R&B-Hip-Hop… (on comprend l’idée) revient plus près de ses racines jazz et nous offre un album au nom plutôt otologique. Les quatre simples lancés par le groupe (That Depends On You, Tote Bag, BEZU et plus récemment (She’s a) Winner) ont décidément bien donné le ton, et les vidéos sont parfaitement agencés avec la couleur, le groove et la folie de Valaire.

Jazz Futon est un album qui est difficile à écouter à moitié. Généreux de ses 46 minutes agrémentées de quelques sympathiques ‘’skits’’ bien placés, la production impeccable de l’album nous berce du début à la fin. Sans jamais tomber dans la redondance, l’ensemble de l’œuvre nous rappelle pourquoi un album long est toujours pertinent en 2023.

Une des grandes forces de Valaire a toujours été le choix des collaborateurs. Savoir s’entourer des bons artistes pour créer des pièces cultes est un art que Valaire maîtrise plutôt bien, et Jazz Futon ne déroge pas à cette formule gagnante. Tant avec des habitués (Alan Prater, Kahli Abdu, Pierre Kwenders, Luis Clavis, Fanny Bloom) que des nouveaux (Ciscero, Mike Clay, Anomalie, Mel pacifico), on parle ici d’une palette impressionnante de talents d’ici.

Côté collaborations, mon coup de cœur est définitivement la participation flamboyante d’Alan Prater (The Brooks), qui débarque encore une fois avec son groove et son énergie légendaires sur les morceaux Ish Ain’t Easy, That Depends On You et (She’s a) Winner. Une autre collaboration digne de mention est la participation du producteur/musicien/magicien Nicolas Dupuis (Anomalie), sur la très jazz BEZU. L’artiste de Montréal, qui jouit déjà d’un bon succès à l’international, marie parfaitement son immense talent à la créativité du groupe.

Bien qu’un peu plus jazz que Oobopopop par moments, Jazz Futon est définitivement une suite logique de ces prédécesseurs. Un son très funk, rafraîchissant, qui ne fait que confirmer la pertinence de Valaire dans le paysage culturel. Bref, si les CD existaient encore, je laisserais volontiers Jazz Futon se coincer dans le lecteur de mon vieux Hyundai jusqu’à la fin de l’été