Critiques

Uubbuurruu

UUBBUURRUU

  • Mothland Records
  • 2020
  • 37 minutes
6,5

Sélectionnés au GAMIQ en 2016 avec un EP réussi, les rockeurs québécois sont revenus le 17 janvier dernier avec un premier long jeu aux influences années 70 assumées. Et du bon rock québécois neuf, ça se refuse difficilement.

Malgré son goût pour le kitsch hard rock, UUBBUURRUU ne fait pas exactement dans le pastiche. Des éléments stoner et psychédéliques en font bel et bien un groupe contemporain, dont l’approche rappelle FUUDGE, Thee Oh Sees, ou encore Galaxie. On remarque aussi un penchant pour le gros blues rock rétro à la Black Keys, notamment dans la structure assez carrée de certains morceaux et dans le style vocal de Joey Napoleon.

Dans le genre, c’est bien satisfaisant. La deuxième piste, Ice Head, rassemble ce qu’il y a de plus excitant sur l’album. Elle s’ouvre sur un riff corrosif accompagné d’une percussion entraînante, et recrée le momentum d’un succès rock dansant des années 1970. Puis s’ajoutent les exclamations de Napoleon qui, avec la grâce du chanteur hard rock qui se la joue sexy, incite la Ice Head en question à prendre en pitié ses désirs. Le tout est bouclé efficacement par des solos de guitare, puis de clavier, tous deux décadents à souhait.

On doit aussi mentionner Spacecraft to Your Dreams, qui met en valeur la production de Samuel Gemme (Anémone, Corridor, Chocolat). Partant d’un riff très Oh Sees, elle rappelle ensuite The Lost Art of Keeping a Secret de Queens of the Stone Age, à la fois dans le jeu du batteur Maxime Hébert, dans le motif répété de la basse et de la guitare et dans la mélodie du refrain. La conclusion du morceau, véritable feu d’artifice à la guitare, produit l’effet escompté.

Si l’album a un défaut principal, c’est qu’il manque un peu de personnalité. Certaines pièces livrent un garage rock un peu générique (Hard Love, Stone Men), et sont moyennement accrocheuses. Les paroles, même si elles se veulent évidemment caricaturales, manquent parfois de spécificité pour qu’on y prête vraiment attention. Les meilleurs moments d’UUBBUURRUU témoignent que les gars sont en mesure de pousser dans le délire (après tout, l’un de leurs morceaux s’intitule Cosmic Cannibalism) et ça aurait pu être intéressant de le voir à l’aune du disque.

Ce premier album d’UUBBUURRUU est une injection de riffs et de fuzz grisante au mieux, et au pire, agréable. Après tout, les gars n’ont pas de prétention sinon de rocker, et c’est en plein ce qu’ils accomplissent.

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