Critiques

Titus Andronicus

Local Business

  • XL Recordings
  • 2012
  • 50 minutes
6,5

En 2010, la formation Titus Andronicus, originaire de Glen Rock au New Jersey, avait crée un opus fort prisé par bon nombre de journalistes musicaux, de même que par certains mélomanes férus de punk rock’n’roll sincère, fédérateur et engagé, le bien nommé The Monitor. Une œuvre épique et conceptuelle relatant épisodiquement certains thèmes associés à la guerre civile américaine qui a fait rage entre 1861 et 1865. Les voilà de retour avec leur troisième offrande intitulée Local Business.

Toujours ce rock’n’roll ravageur aux ascendants punk « old school » assez amplifiés; sauf que cette fois-ci la bande du charismatique et dynamique Patrick Stickles (chanteur, parolier et guitariste) délaisse quelque peu l’inclinaison punk celtique fédérateur qui régentait The Monitor afin d’offrir un rock’n’roll plus classique et traditionnel. Exit, les hymnes rassembleurs qui caractérisaient le précédent effort. Sur Local Business, les mélodies de Stickles semblent un tantinet moins mémorables et opérantes, et ce, malgré la grande amélioration de l’exécution vocale offerte par le leader de la formation américaine; une voix à la jonction de la sensibilité d’un Conor Oberst et de l’agressivité d’un Ian McKaye.

Côté texte, Stickles évoque l’isolement de l’individu face aux subtiles manigances d’une société avide de consommation éternelle, et pour le parolier, la méchanceté et l’égoïsme représente le résultat direct d’un certain conformisme face aux incontournables dictats imposés par ce capitalisme devenu résolument hors-la-loi… toujours sur un ton qui se veut plus réconfortant et empathique, que querelleur et confrontant. Bref, c’est du rock’n’roll enthousiaste et revendicateur qui cherche beaucoup plus à rassembler qu’à diviser; il s’agit de les voir en concert pour constater que ces messieurs, malgré les carences musicales et l’exécution parfois brinquebalante, compensent largement par une interprétation sentie de leur répertoire. Cette règle d’or s’applique également sur ce Local Business.

Quelques ritournelles bien tournées viennent agrémenter avantageusement cette création. Entre autres, je pense à la très Bruce Springsteen punk et vitaminée titrée Ecce Homo, à la très Replacements intitulée Still Life With Hot Deuce On Silver Platter, la très juvénile et ardente Upon Viewing Oregon’s Lanscape With The Flood Of Detritus et le calque parfait de la chanson Personality Crisis des New York Dolls nommée Food Fight!. J’ai noté également la solide My Eating Disorder, la quasi hardcore Titus Andronicus vs The Absurd Universe (3rd Round Ko) et la très valsée qui se transmute en un blues rock incandescent Tried To Quit Smoking.

Suite à l’écoute attentive de ce Local Business, je me suis dit, voilà une création conçue spécifiquement pour la tournée, mais qui n’atteint pas les sommets de The Monitor. Le groupe semble beaucoup plus en contrôle, moins éparpillé, plus mature et moins dévastateur qu’auparavant, et forcément, les chansons deviennent moins explosives et demandent un effort auditif majoré afin d’en comprendre réellement la portée fédératrice… mais ce n’est pas nécessairement inefficace. Ça demeure du bon punk rock’n’roll juvénile et électrisant!

Ma note : 6,5/10

Titus Andronicus
Local Business
XL Recordings
50 minutes

www.titusandronicus.net/

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