Critiques

The Dismemberment Plan

Uncanney Valley

  • Partisan Records
  • 2013
  • 38 minutes
6,5

D_PLAN-uncanney_valley-1425x1425Voilà déjà dix ans que The Dismemberment Plan s’est séparé. Ils s’étaient réunis fin 2012 afin de donner un ou deux spectacles dans la région de Washington; ville qui les a vus naître. Suite à ces concerts, les rumeurs d’un nouveau disque studio se sont multipliées, alimentées par les membres de la formation qui n’excluaient pas un éventuel retour. Près d’un an plus tard, voici que le Plan accouche d’Uncanney Valley, leur cinquième album.

La bande à Travis Morrison a bien entendu vieilli. Elle n’est plus cette bande d’énervés amoureux des rythmes disco-punk qui avait accouché du sublime Emergency & I (si vous n’avez jamais entendu, c’est à mettre en priorité sur votre liste d’écoute). Le quatuor rapplique avec un son qui est directement en lien avec leur dernier opus, paru en 2001, Change. Sur cette création, le groupe avait perdu quelque peu de sa hargne et on se retrouve dix ans plus tard exactement à l’endroit où ils nous avaient laissés.

Invisible est un bon exemple de cette mélancolie qui s’élève très peu. C’est bien, mais ça nous laisse toujours avec une petite déception, surtout pour les indéniables capacités des musiciens oeuvrant dans le groupe. Ceci étant dit, même relâché, Morrison détient un talent particulier pour la mélodie et le prouve avec Waiting. La seule pièce qui laisse franchement sur sa faim, est la mièvre Lookin, avec ses effets mielleux qui gâche le plaisir de l’écoute. Bien qu’elle commence dans la même veine, Daddy Was A Real Good Dancer finit par faire son chemin grâce à sa mélodie captivante. Le parallèle avec les musiciens qui avaient remisé leurs instruments pour des raisons familiales (et de fatigue créative) est évident et Morrison l’exprime avec brio.

Par contre, le Plan sait encore pertinemment faire de la bonne chanson. Il le prouve avec l’entraînante White Collar White Trash, mais le moment réellement fort de la galette survient avec les trois dernières pièces. En effet, Mexico City Christmas, avec son rythme disco-punk, ses claviers insistants et un Morrison qui y va de quelques belles envolées vocales, plaira aux fans du groupe, rappelant la belle époque. Go And Get It constitue un bel exemple des mélodies rassembleuses que le quatuor sait créer… même les «ohhhhhh» ne sont pas indigestes. C’est une pièce qui vous donne envie de défoncer les murs (pour les bonnes raisons). Que dire de la pièce qui clôt ce Uncanney Valley titrée Let’s Just Go To The Dogs Tonight qui remémore parfaitement l’effet que le Plan avait crée avec Back And Forth sur Emergency & I. De plus, Morrison s’amuse de ces chanteurs qui font terminer leurs phrases par l’audience; avec ces quelques mots absurdes et insipides qui contiennent un: «When I say Cluster, you say fuck / Cluster / Fuck.»

Bref, ce n’est définitivement pas le meilleur album dans la discographie du Dismemberment Plan, mais on peut difficilement reprocher au quatuor d’être paresseux ou convenu. Même si la fougue n’y est plus, le Plan sait encore composer des mélodies entraînantes. La prose simple, mais efficace et authentique de Morrison est toujours aussi plaisante à entendre.

Ma note : 6.5/10

The Dismemberment Plan
Uncanney Valley
Partisan
38 minutes

dismembermentplan.com/

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