Critiques

Super Unison

Auto

  • Deathwish Inc.
  • 2016
  • 32 minutes
8
Le meilleur de lca

Super UnisonNon, Super Unison n’est pas une réédition de luxe de l’album Unison de Céline Dion. C’est plutôt le nouveau projet de Meghan O’Neil Pennie, ex-chanteuse de Punch.

Punch est bien sûr le nom d’une boisson alcoolisée servie dans un bol ou d’un coup de poing dans la gueule, selon le contexte. C’était également le nom d’un groupe hardcore punk féministe très solide de l’écurie Deathwish. Écoutez le dernier album du groupe (They Don’t Have To Believe) et vous vous en rendrez compte après trois secondes.

C’est peut-être lié à un besoin de changer de cap artistique ou de relaxer un brin, mais le nouveau projet de mademoiselle O’Neil, qui tire l’inspiration de son nom d’une chanson de Drive Like Jehu, est considérablement plus «smooth» que Punch. Je ne dis pas non plus que l’album jouera dans les spas nordiques ou les bars à cocktails d’un quartier embourgeoisé de votre choix. Loin de là. Meghan a encore plein de choses à dire, à chanter ou à crier. Seulement, c’est un peu plus nuancé ce coup-ci et ça relève davantage du post-hardcore. Au final, c’est un heureux mélange de Bikini Kill, de X-Ray Spex et de l’ensemble de l’écurie Dischord Records pis c’est «loud» en ciboire.

Du côté des textes, Meghan a une dent contre le patriarcat dans You Don’t Tell Me, elle encourage les femmes à prendre leur place dans Prove Yourself et elle parle soit de la mort d’un ami ou de la fin d’une amitié dans Losing You. Plusieurs textes sont également moins directs que ceux de Punch et laissent beaucoup de place à l’interprétation. De toutes les chansons se dégage un sentiment de prise de contrôle, habile combinaison de la voix super imposante de Meghan et de la chimie entre les membres du trio, qui est complété par Justin Renninger et l’ex Dead-Seeds Kevin DeFranco.

Au moment d’écrire cette critique, je viens juste de lire un article sur des agressions sexuelles ayant eu lieu à l’université Laval. Il y a encore beaucoup de travail à faire avant d’en finir avec le patriarcat et la culture du viol dans notre belle société. C’est vraiment décourageant. Il n’y aura jamais assez d’organismes qui viennent en aide aux victimes, il n’y aura jamais assez d’éducation portant sur le respect des femmes au primaire et il n’y aura jamais assez de groupes féministes, peu importe le style. N’empêche qu’après avoir lu des commentaires d’attardés mentaux qui rejettent le blâme sur les femmes qui s’habillent sexy et autres conneries du genre, ça fait vraiment du bien d’écouter l’album de Super Unison en s’imaginant rouler en char sur de tels connards.

Je déconne. Mais la violence de leur musique est thérapeutique et Auto est un des albums les plus pertinents du style à voir le jour en 2016. La sortie de leur premier EP m’est complètement passée sous le radar en 2015. Je vais faire mes devoirs de ce pas.

MA NOTE: 8/10

Super Unison
Auto
Deathwish
32 minutes

https://superunison.bandcamp.com

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