Critiques

Solange

When I Get Home

  • Columbia Records
  • 2019
  • 39 minutes
8
Le meilleur de lca

Solange Knowles a lancé sans crier gare son quatrième album le vendredi 1er mars. La jeune femme qui avait frappé un coup de circuit avec A Seat at the Table en 2016. Voici qu’elle en remet avec When I Get Home, un album qui porte sa genèse dans sa ville natale de Houston au Texas. Après avoir fini la tournée de son précédent opus, elle a loué une maison pour commencer la création qui s’est étirée sur de nombreux mois.

When I Get Home est une œuvre qui emprunte au jazz, mais en gardant une bonne dose de synthétiseurs et de batteries électroniques. D’ailleurs, le côté instrumental des chansons prend une place prédominante. Les mots sont toujours présents, mais Knowles a voulu se lancer dans une direction où la sensation primait comme elle l’a expliqué lors d’une conversation autour de la sortie à Houston. Cette direction est très claire dans l’attention qui semble avoir été donnée à chacune des partitions de l’album.

De nombreux collaborateurs viennent colorer les morceaux de When I Get Home. On retrouve Earl Sweatshirt, Blood Orange et Chassol sur Dreams, une pièce de néo-soul mélodieuse et langoureuse. Solange nous répète le titre à de multiples reprises et malgré la minceur du propos en apparence, c’est la trame qui parle à sa place. Time (is) compte sur l’apport de Sampha qui arrive avec quelques notes de piano et un groove qui colle bien à l’esthétique sonore de la jeune femme. My Skin My Logo sur laquelle Gucci Mane glisse quelques mots peut surtout profiter des talents de Tyler, the Creator et Steve Lacy au niveau de la composition.

Il n’y a pas que des collaborateurs issus du milieu de la soul et du hip-hop sur When I Get Home, il y a aussi Panda Bear qui participe à l’excellente Binz qui possède un groove indéniable. Solange a un don pour la mélodie qui reste pris en tête malgré son originalité. La syncopée Things I Imagined est d’une efficacité hors pair. Les 19 pièces de l’album se suivent naturellement et lorsque c’est nécessaire, un interlude vient ponctuer le déroulement. C’est toujours à propos et l’oreille n’accroche pas sur un moment de remplissage.

When I Get Home est une suite réussie à l’excellent A Seat at the Table. Solange démontre son habileté à manier les mélodies soul d’une manière simple et sensuelle. On ne sent pas qu’elle force les mots sur la musique et ne fait pas de concession pour rejoindre les claviers. Au contraire, les deux partitions s’unissent facilement et s’entrelacent avec un naturel déstabilisant.

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