Critiques

Soccer Mommy

Color Theory

  • Loma Vista
  • 2020
  • 44 minutes
8
Le meilleur de lca

J’avais découvert Soccer Mommy (Sophie Allison de son vrai nom) parmi les trésors enfouis sur la plateforme Bandcamp, à l’époque où elle était peu connue. J’y avais découvert son premier album, Clean. Elle nous proposait une bedroom pop avec des arrangements matures et bien travaillés. Voilà que la jeune artiste de 22 ans arrive avec une seconde offrande qui s’intitule color theory.

color theory est un album complexe et sombre. Cette fois-ci, Soccer Mommy nous livre des chansons tristes tournant autour des thématiques de la maladie mentale, de la dépression et de la peur de mourir. Les chansons du disque sont divisées par les couleurs jaune (le cancer de sa mère), bleu (ses propres problèmes avec la maladie mentale), gris (la peur de tout perdre par ses pensées noires), etc. D’où le titre de son disque : color theory. L’excellente Bloodstream ouvre le bal avec ses guitares lumineuses donnant le rythme à l’ensemble de la pièce. On enchaîne avec Circle The Drain où l’on reconnaît des influences pop rock des années 90 (Avril Lavigne, peut-être ?).  Prenez note du refrain :

« Hey, I’ve been falling apart these days

Split open for watching my heart

Go’round and around, ’round and around

Circle the drain, I’m going down »

Circle the drain

On s’entend, ce n’est pas un des refrains les plus jojo. Selon le podcast Song Exploder, Soccer Mommy nous confiait qu’à l’écriture de la chanson, elle se sentait isolée dans sa vie. Quoi qu’il en soit, elle a réussi à faire briller sa solitude à travers des couplets authentiques. Bien réussi, à mon avis.

Sur Crawling in My Skin, les textures à la guitare sont plutôt variées. On joue avec le fuzz, en plus de quelques synthés, et il n’y a pas de mal à ça. L’ambiance change et évolue vers des sonorités encore plus matures que sur son dernier disque Clean. Le refrain reste un joli vers d’oreille, en plus.

Tandis que sur Yellow is the color of her eyes, Soccer Mommy est en phase introspection. Sur cette pièce inspirée par sa mère et la maladie qui l’a terrassée, Sophie Allison met sa guitare à l’avant-plan pour démontrer toute la tristesse qui l’habite. Le refrain est assez percutant:

« Loving you isn’t enough


You’ll still be deep in the ground when it’s done


I’ll know the day when it comes


I’ll feel the cold as they put out my sun »

Yellow is the color of her eyes

Cette chanson, écrite sur la route, met l’emphase sur le fait qu’elle perdait du temps dans plusieurs sphères de sa vie, surtout avec sa mère qui était malade. Elle exprime clairement ce sentiment à travers la pièce.

Tout compte fait, Soccer Mommy mérite une place de choix dans le paysage indie-rock actuel. Ses textes francs, sa production sonore riche et sa grande sensibilité font d’elle une artiste à mettre dans ses oreilles.

*Elle sera en concert à l’Astral le 7 avril prochain.

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