Critiques

Rosie Valland

Blue

  • Secret City Records
  • 2020
  • 29 minutes
7

Rosie Valland lançait à la fin du mois de février son deuxième album. Après avoir charmé la critique avec son premier disque, Partir Avant, Rosie Valland avait lancé deux EP très différents qui montraient une certaine recherche sonore. Elle continue avec Blue qui nous emmène une toute nouvelle palette de coloris auditifs.

Blue est un album qui est plongé dans une douceur enveloppante. Moins noir que le précédent, sans être tout à fait lumineux, Blue nous parle des tourments qui accompagnent les débuts d’une relation amoureuse et du changement qui s’opère dans la vingtaine lorsqu’on a l’impression de trouver sa voie. Les conflits qui en résultent sont toujours très riches et Valland a trouvé le moyen d’en parler de manière sensible et intelligente.

Dans ces nouvelles textures sonores, la voix de Rosie Valland se fait aérienne, chaude et touchante. La pièce-titre, qui ouvre l’album, est un bon exemple. Sa voix réussit à bien traduire le sentiment de sollicitude face à un ami ou un proche.

« Je ne t’ai jamais vu aussi maigre
Mais pourtant tu me dis que tu manges
Je ne t’ai jamais vu aussi anxieux
Mais pourtant elle te remplit le cœur
Je ne t’ai jamais vu aussi perdu
Mais pourtant tu y arrives
Je ne te reconnais plus

Tu tombes et retombes chaque fois qu’elle repart
Tu tombes et succombes chaque fois qu’elle revient »

Blue

Par contre, dans cette douceur et ce côté chaotique, il y a une certaine langueur qui se crée chez Rosie Valland. Et celle-ci est parfois un peu clichée. Du même sang rivalise de sonorité et d’effets qui mettent une couche de mélodrame sur un texte qui fait déjà le travail. Et par moments, lors de l’écoute des autres pièces, ce sont des travers qui viennent fatiguer. Mais elle est douée et souvent, elle désamorce le tout rapidement.

Même si Valland a pris une nouvelle tournure, sa nature rock n’est pas très loin et refait surface sur Forçons les tiges. Une pièce très efficace et mélodieuse portant sur la nécessité de forcer le bonheur. Loin montre aussi les beaux atours de l’artiste qui se fait enchanteresse avec sa voix qui prend une tournure quasi mystique.

Sur Blue, Rosie Valland démontre qu’elle est une talentueuse mélodiste pop qui sait s’aventurer juste assez dans les chemins de traverse pour sortir du lot, sans délaisser son côté fédératrice. Est-ce que Blue est un album de transition? Ça en a tout l’air. Mais disons que c’est une bien belle transition à écouter!

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