Critiques

Ropoporose

Elephant Love

  • Simone Records
  • 2015
  • 44 minutes
7

RopoporoseJ’ai quelques fois reproché aux maisons de disque québécoises de ne pas suffisamment regarder ce qui se faisait ailleurs. Rarement les voyons-nous décider de miser sur un artiste international pour en faire la distribution au Canada et même aux États-Unis, mais Simone Records viennent exactement de faire ça avec Ropoporose et Chapelier Fou.

Attardons-nous aux premiers. Le duo fraternel de Pauline, ou Popo (chant, guitare, claviers et percussions) et Romain, ou Ro (batterie, guitare, chant) a lancé en janvier dernier son premier album: Elephant Love. Voici qu’il traverse l’océan et parvient au public québécois. Le duo a d’abord fondé sa musique sur l’utilisation de boucles sonores, mais on se rend compte à l’écoute d’Elephant Love que le tandem ne reste pas en place très longtemps.

À l’écoute de la première pièce, Day Of May, vous aurez peut-être l’impression d’entendre un autre groupe issu de la vague indie-rock. Cette première pièce représente très mal l’univers musical de Ropoporose. De cette pièce, correcte sans plus, on passe à Desire qui, avec ses cuivres et son rythme de chevauchée, commence déjà à charmer. C’est cependant avec la dissonante Moïra qu’on se rend compte que nous n’avons pas du tout à faire à un groupe pastel. Les guitares sont hargneuses, nerveuses et mélodieuses alors que la voix de Pauline nous envoie avec force ses paroles et que la batterie de Romain est irréprochable.

Dans les autres bons coups qu’on retrouve sur Elephant Love, on note Whu-whu, une balade suffisamment champ gauche pour ne pas s’ennuyer. Celle-ci alterne entre les moments de beauté atmosphérique et de moments viscéraux. La pièce-titre de l’album qui compte sur un fuzz généreux et une voix réverbérée fait aussi partie des plages qui captivent. My God, par sa belle simplicité, fait aussi bonne figure sur la galette.

La seule chose qu’on peut reprocher au duo est l’éclectisme parfois déroutant de ses compositions. Entre Moïra et Day Of May, on a l’impression d’avoir affaire à deux groupes complètement différents. L’un semble viscéral, impliqué, engagé alors que le deuxième ressemble trop à ce qui s’entend dans la masse indie-rock sans saveur.

Mais outre les quelques petits faux pas sur Elephant Love, Ropoporose est un groupe à découvrir qui mérite que vos oreilles effectuent un détour. Vous y trouverez une paire talentueuse qui évite, la plupart du temps, les pièges des conventions soporifiques.

Ma note: 7/10

Ropoporose
Elephant Love
Simone Records
44 minutes

http://ropoporose.com/

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=gckchN2Hq3o[/youtube]