Critiques

Rhye

Blood

  • City Slang Records
  • 2018
  • 43 minutes
8
Le meilleur de lca

Rhye avait frappé fort avec Woman en 2014. L’album s’était retrouvé dans la longue liste du Prix Polaris et leur R&B/indie-rock sensuelle en avait séduit plus d’un. Ne vous fiez pas à l’esthétique visuelle et la voix pour juger du genre de Rhye. Milosh (Michael pour les intimes) est un homme malgré son timbre aigu. Et les fesses qu’on voit sur la pochette ne sont pas les siennes. L’autre fait important à l’approche de Blood, c’est le départ du producteur et compositeur Robin Hannibal en 2017. Le groupe est maintenant le projet de Milosh entouré des musiciens qui composaient l’ensemble en concert.

Et puis Blood? Musicalement, le groupe n’a rien perdu de la sensualité qui l’habitait. C’est un tantinet plus pop, mais pas suffisamment pour s’en offusquer. Il faut dire que Rhye était déjà féru de la pop et ses mélodies vocales viennent souvent sous forme de vers d’oreille. C’est toujours le cas sur Blood. On y retrouve plusieurs chansons qui reprennent ce qui a fait son succès lors du précédent album. Disons qu’à l’approche de la Saint-Valentin, c’est un choix sûr pour la fin de soirée (insérez ici votre onomatopée préférée pour décrire les échanges charnels).

Bon, à part inspirer à la proximité, Rhye amène aussi une dose d’émotions dans ses mélodies. On pourrait nommer Please et sa plainte langoureuse qui possède quelques touches quasi mowtown, mais ralentie au max. Song for You y va aussi de vers amoureux qui arrivent sous la forme d’excuses. Milosh, qu’est-ce que t’a fait, petit galopin? N’en reste pas moins que des excuses qui arrivent sous cette forme, c’est très difficile à rejeter du revers de la main.

Rhye nous offre de bons moments de pop intoxicante sur Blood. L’un des simples parus à date, la réussie Taste, fait partie du lot de chanson plus rythmée de l’album. Ça donne envie de se déhancher au ralenti, de danser les yeux fermés et oublier les menus soucis du quotidien. L’air est impeccable et reste longtemps en tête après l’écoute. Stay Safe avec son orgue timide, ses sonorités électroniques plutôt présentes et Milosh qui chante avec un peu plus de poigne, fait aussi partie des beaux moments de Blood. C’est simple, mais hyper efficace. Le texte appelle au confort :

 

It’s hard to hear your mood

It’s how we live, It’s tough to stay away, just say another way
Don’t stay away, make love all day, hm

You wanna lay low, you wanna stay safe, let’s make a home, mm
– Stay Safe
Ça grouille un peu sur Blood, notamment avec Phœnix qui mélange une batterie disco, avec une basse groovy et des effets bien calibrés. On y finit même avec une passe instrumentale qui rappelle Foals.

Tout ça pour dire que Blood est un album très réussi qui démontre finalement que Milosh est capable de se débrouiller seul aussi. Un album parfait si vous aimez la pop sensuelle qui mélange des éléments d’un paquet de styles musicaux. L’équilibre entre les chansons rythmées et les balades plus intimistes est bien choisi tout comme la progression de chansons élaborée avec goût.

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