Queens Of The Stone Age
Perfecth
- Matador
- 2026
- 36 minutes
Le problème avec la maturité, c’est que ça devient trop rapidement lassant. Josh Homme, classique bad boy qui a une réputation qui te fait dire que tu ne devrais pas le présenter aux femmes que tu considères dans ton entourage, a changé. Au cours des dernières années, il y a eu moult événements dans la sphère publique, notamment sa trop peu intime séparation avec Brody Dale, qui semblent avoir poussé le rockeur à devenir plus mature et à s’assagir. C’est une pente qu’on observe depuis … Like Clockwork. Si ce dernier album était intéressant, la suite laisse un peu à désirer. D’abord le décevant Villains, puis le correct In Times New Roman. Il faut dire qu’on ne peut pas s’attendre des auteurs-compositeurs-interprètes qu’ils demeurent inchangés. Josh Homme, comme nous tous, évolue. Et le sens de son évolution l’éloigne sans cesse du rock pour tranquillement sombrer dans une pop-rock plutôt sage. Même les cris à la fin de Mono ne suffisent pas pour ramener l’edge dans Perfecth.
Loin, malheureusement, de la perfection, le nouvel album de Queens of the Stone Age démontre que le groupe maîtrise toujours l’art de composer et d’écrire des chansons. Par contre, c’est de moins en moins excitant de les écouter. Si quelques moments arrivent à nous tirer un sourire, de nombreux autres nous laissent sur notre appétit. Parfois, même à l’intérieur de la même chanson. Prenez It’s Only Love qui ouvre l’album. Le son du train qui passe est intéressant. Puis, ça part avec un bon groove et Josh Homme qui chante doucement, à la manière de l’époque d’Era Vulgaris, une pièce mélancolique de gars dans la cinquantaine qui vient de se séparer pour la énième fois et qui tente de se faire croire que finir ses jours seuls n’est pas épeurant. Puis, les violons se mettent de la partie pour accompagner Josh Homme qui fait des vocalises. Le truc, c’est qu’au final, la pièce est correcte. Sans plus. Et c’est souvent comme ça sur Perfecth. Correct, sans plus.
Quelques moments se font plus intéressants. C’est le cas du refrain de Where the Goth Girls At? qui offre un peu de noise rock qui décoiffent et qui se vautrent dans une orgie de son qui fait du bien. Est-ce que la voix de tête des couplets est pertinente? Pas tant que ça. Sunday offre aussi de beaux moments de guitares et une section rythmique volée à la new wave du début des années 90 qui est intéressante. Le mix des deux fonctionne bien. Phantom Limb offre aussi une bonne mélodie typiquement QOTSA, même si ça n’est pas la pièce la plus originale, on sent le vent de la nostalgie, des vieux jours de prendre et nous réconforter.
Mais il y a aussi des moments sacrants sur Perfecth. C’est le cas de la quétaine à souhait Easy Street, un duo avec Nikki Lane. Cette chanson en soi sonne comme un appel à l’aide. On est très loin de ce Josh Homme,, mettons. From the Cliff est aussi quelconque. C’est une pièce très mélancolique et franchement pas dans ce que QOTSA a offert de mieux. Ça sonne le groupe épuisé qui a de la misère à se renouveler.
On s’entend Queens of the Stone Age pourrait ne plus sortir une traitre chanson et j’irais encore avec plaisir les voir en concert. Et sûrement qu’en concert, certaines de ces chansons vont devenir plus intéressantes. En attendant, en version album, c’est un album qui tombe dans la catégorie des moins bien réussies de Josh Homme.