Critiques

Pur Pasteur + Nicolas Bernier

Piano système

  • Bureau des fréquences
  • 2026
  • 26 minutes
8
Le meilleur de lca

Les compositeurs Nathan Giroux (Pur Pasteur) et Nicolas Bernier commencent bien l’année avec Piano système, un album alliant le piano néoclassique avec les paysages électroniques. Le thème est raisonnablement abstrait, et laisse place à l’imagination avec cinq pistes nommées Système, numérotées d’un à cinq, et complétées par Planète comme sixième pièce. Ça fait penser à un système solaire, mais l’atmosphère de l’album nous amène plutôt en randonnée dans une nature québécoise augmentée.

Système un part d’une boucle descendante au piano encadrée par un synthétiseur vaporeux à la basse qui oscille entre deux notes (sol et si). La boucle passe du piano au synthétiseur à mi-chemin, permettant plus de liberté au premier pour élaborer davantage sur les harmonies et laisser la réverbération amplifier la sensation de plein air, comme une version hivernale du thème de Stranger Things. Le piano prend les devants dans Système deux en alternant de longs accords à la basse et des articulations bien plus rapides aux octaves supérieures. Le motif est complété par un drone ronronnant (de do à ré) qui filtre du sombre au clair de façon chaleureuse.

Système trois reprend le même espace que la pièce précédente, mais avec plus de délicatesse et de nuance, et une certaine focalisation sur le temps de résonance des notes au piano. Système quatre propose un arrangement plus serré entre le piano et le synthétiseur, l’un supportant l’autre à chaque accord, oscillant entre la tension et la résolution à chaque grande boucle.

Système cinq ouvre sur un bruit blanc façon vent polaire qui enveloppe un motif en staccato au piano. La direction change en séquence percussive à mi-chemin, et accentue les effets sonores sci-fi et les notes échos en une trame de laboratoire glacé. Planète conclut en solo au piano, combinant une mélodie légèrement mélancolique avec des accords à la basse qui créent une très jolie harmonie.

Ce qui se démarque de la première collaboration entre Giroux et Bernier est l’équilibre entre les deux sonorités, et leur facilité à s’accorder naturellement. On reconnaît également des rôles spécifiques qui rendent les cinq systèmes cohérents, à savoir un piano bien centré enveloppé dans une trame électronique à déploiement variable. La transition entre les petits et grands espaces fait en sorte que l’on peut aussi bien se trouver dans un chemin sinueux de forêt boréale que sur une plaine balayée par une tempête de neige.

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