Critiques

Otoboke Beaver

Super Champon

  • Damnably
  • 2022
  • 21 minutes
8,5
Le meilleur de lca

Si vous cherchiez un nouveau groupe punk à ajouter à votre liste d’écoute, il n’y a pas de doute qu’Otoboke Beaver est l’un des meilleurs choix qui s’offrent à vous. Le quatuor tout féminin en provenance du Japon possède une force de frappe impressionnante et rappelle le style agressif des Blood Brothers. Malgré ses 18 chansons, Super Champon ne fait qu’un peu plus de 20 minutes.

Ce sont 20 minutes riches en guitares grinçantes, en batterie bruyante, en changement de caps incessants, en chant qui laisse autant la place à des cris aigus qu’à des mélodies efficaces. Ça part dans tous les sens avec une magnifique liberté qui assure une chose : Otoboke Beaver est le meilleur band punk japonais en ce moment.

Les premières secondes de I am not maternal, qui malgré son titre en anglais, est chanté en japonais. Sur celle-ci, Accorinrin nous dit clairement qu’elle préfère les chiens aux enfants et qu’en raison de son caractère explosif, elle finirait par brutaliser un enfant. Je vous avais dit que c’était punk! Il y a cependant une chanson en anglais, PARDON?, qui joue sur une répétition des paroles : « I don’t know what you mean» pendant qu’à l’occasion une autre voix entre pour crier « shut up ». En plein milieu de la pièce, le groupe change de tangente musicale, pour revenir à son autre riff. C’est étourdissant… dans le bon sens.

Parmi les meilleures mélodies qu’on retrouve sur Super Champon, même s’il n’y a aucune chanson ennuyante, il y a Nabe party with pocket brother et I put my love for you in a song JASRAC. I checked your cellphone offre une intro différente, a capella, qui se poursuit même si les guitares et la batterie sonnent comme une brique et un fanal. C’est la même chose avec l’excellente First-class side-guy qui compte sur une mélodie vocale plus posée.

Elles ont vraiment compris la forme punk et livrent des pièces de 18 secondes qui portent des noms comme You’re no hero shut up f*ck you man-whore. On ne fait pas de chichi chez Otoboke Beaver. Le quatuor est aussi capable de jouer sur les codes d’autres genres musicaux alors qu’il livre un motif métal avec Where did you buy such a nice watch you are wearing now.

Honnêtement, c’est probablement plus long pour vous de lire cette critique que d’aller écouter l’album. Otoboke Beaver est une belle découverte et le quatuor de Tokyo ne fait pas dans la demi-mesure quand il est temps rentrer dans le tas!