Critiques

Mikal Cronin

Seeker

  • Merge Records
  • 2019
  • 41 minutes
7

Mikal Cronin est un membre en règle du Freedom Band, groupe qui accompagne puissamment Ty Segall en studio et en concert… on peut vous certifier que l’adverbe « puissamment » s’applique à 100% au son de ce groupe pour les avoir vus en spectacle ! Cronin est également un auteur-compositeur doué qui a déjà fait paraître trois albums en carrière : les excellents MCII (2013) et MCIII (2015).

En mode solo, l’Américain est nettement moins lourd que Segall. En fait, Cronin enrobe toujours ses chansons dans un habillage influencé par la power-pop, recelant quelques pointes de rock garage. Après quatre années d’absence, le multi-instrumentiste est de retour avec un quatrième album studio intitulé Seeker.

Enregistré et mixé par Jason Quever (meneur de la formation indie-pop Papercuts), interprété avec l’aide de ses acolytes du Freedom Band, ce nouvel album marque un important changement de cap dans ce qu’il nous a toujours proposé. Et ce n’est pas étranger au fait que le Californien d’origine a connu les affres de la déception amoureuse, ce qui l’a poussé à se réfugier dans un chalet afin d’écrire et de composer ces dix nouvelles chansons.

Dans ses introspections, Cronin sonde intensément son esprit afin de percevoir la lumière au bout du tunnel, même s’il sombre parfois dans une vengeance un peu puérile :

« Is there something to be said

To fill the void with something ugly

You’re better off dead »

Feel it All

Musicalement, l’artiste nous offre un disque en parfaite cohérence avec ses incertitudes. Malheureusement, Seeker est une création de transition qui souffre d’une direction artistique imprécise.

On y entend des influences folk-rock à la Tom Petty and the Heartbreakers (Show Me est un quasi-pastiche des légendes du « heartland rock ») ainsi qu’une incursion dans un rock arabisant à la Led Zep (Shelter). Cependant, Cronin garde en vie les explosions sonores aux accents garage qui le caractérisent si bien (Caravan) et puisque l’homme est un maître mélodiste – et qu’il n’a rien perdu de son talent – les ballades pianistiques On the Shelf et Sold lui vont comme un gant.

D’autres chansons font également le travail. Malgré la ressemblance mélodique indéniable avec Dear Prudence de Lennon, I’ve Got Reason est fougueuse et parfaitement accrocheuse. Guardian Well possède un je-ne-sais-quoi de Neil Young and Crazy Horse et malgré les lamentations de Cronin, la power-pop orchestrale Feel It All est une véritable pourvoyeuse de frissons.

Seeker est loin d’être exécrable, mais le virage artistique n’est pas tout à fait assumé pour être pleinement satisfaisant. Cronin n’a rien perdu de son talent. Pour lui, il s’agit maintenant de solidifier les assises de cette nouvelle direction musicale.

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