Critiques

Loud

Aucune Promesse

  • Joy Ride Records
  • 2022
  • 33 minutes
8
Le meilleur de lca

Après 3 ans de silence, Loud revient avec un troisième album en carrière. Plus violent et arrogant que jamais, le millionnaire du rap queb résume ses dernières années au cœur de son art avec des jeux de mots et des figures de style complexes et diversifiés. Poursuivant également la tradition des albums composés de dix chansons, ce nouveau projet coule mielleusement du début à la fin et vaut le détour pour tous les fans de rap.

À titre de première chanson, Provider est un excellent récit narratif du parcours du rappeur et de ceux qui ont eu un impact considérable sur celui-ci. Encore une fois, bien qu’il s’agisse de la première pièce, il s’agit actuellement de mon morceau favori sur l’album.

Ensuite, nous avons droit à I Said What I Said, révélé initialement lors du Loud Cinématique. La chanson met en valeur un côté très arrogant du MC que nous connaissions déjà, mais cette fois-ci, c’est assumé à souhait. Muni d’un refrain franc, mais honnête, la track risque fortement de faire plaisir à ceux et celles qui ont tendance à préférer les quick bangers.

Ensuite, Hold Up solidifie un message clair à ceux qui disent que Loud n’a toujours pas atteint le sommet de son art, rappelant encore à quel point son parcours a été crucial pour la culture. Légèrement plus pop, cette chanson se distingue des autres par les sons uniques auxquels nous avons droit lors du refrain.

Du côté des collaborations, Rien de Moins avec White-B, fut le premier teaser de ce nouvel album, et quel impact celui-ci a eu. Sorti de nulle part et annoncé la journée même, le simple s’est rapidement taillé une place bien chaude auprès des autres titres marquants de l’artiste. Les voix des deux MCs se complètent à merveille, et ce, particulièrement lors du refrain. Violent. C’est le premier mot qui m’est venu en tête lorsque j’ai entendu Uber Eats Freestyle. Étant également le deuxième simple de l’album, la chanson au titre audacieux s’est rapidement mérité l’écoute de tous les fans de hip-hop du Québec, et plus.

Sous un ton plus doux et honnête, Simon nous dévoile son intimité et comment il se percevait avant de devenir Loud au travers de Peinture à l’huile. Accompagné d’une production captivante et diversifiée, ce morceau est idéal pour se perdre un instant.

Concluant ce troisième album au son bien arrogant, dans Win Win, Loud prend un recul sur la réalité du milieu et de ce qu’il est merveilleusement devenu à travers les différentes générations. Fier des pionniers qui lui ont ouvert la porte, Loud remercie la vie pour les opportunités qu’elle lui a offertes, ainsi que ce qu’elle peut maintenant apporter aux MCs qui suivront ses pas. Finalement, la chanson-titre justifie par elle seule le détour pour ce nouveau bijou du rap québécois.

En somme, Aucune Promesse est sans surprise un excellent album de rap québécois. Le lyrisme de Loud et les productions qui le soutiennent en sont indéniablement la preuve.

Cependant, j’avoue être encore un peu affamé à la suite de l’écoute. Aucune promesse est définitivement meilleure que Tout ça pour ça (qui est aussi un fantastique album), mais n’arrive même pas un peu proche de la cheville d’Une Année Record. Bien que les featurings présents soient plus qu’appréciés (et surtout mérités), il va de soi qu’une chanson avec Lary Kidd (et peut-être même 20Some?) manque à l’appel, et ce, surtout considérant les deux seuls morceaux où nous avons écouté la plume de Loud lors de la dernière année.

Néanmoins, ce troisième album a sans aucun doute sécurisé à nouveau le trône du rap québécois pour le rappeur.