Critiques

Locust

After The Rain

  • Editions Mego
  • 2014
  • 42 minutes
8
Le meilleur de lca

EMEGO205-350Il y a quelque chose d’à la fois apaisant et d’inquiétant qui se dégage de la musique de Locust, projet phare de Mark Van Hoen. Depuis son bref passage dans Seefeel (il est l’un des membres fondateurs du groupe), Van Hoen n’a certainement pas chômé en enfilant des albums d’une constante qualité, que ce soit sous son propre nom ou par l’intermédiaire des projets Scala, Autocreation et Locust. En 2013, il s’associe à son ami de longue date Neil Halstead de Slowdive afin de créer le projet space rock psychédélique Black Hearted Brother qui, la même année, offrira aux amateurs de shoegaze l’album Stars Are Our Home.

Toujours en 2013, après avoir décidé de ressusciter Locust en s’associant à nouveau à son complice Louis Sherman, Van Hoen rendra cette fois les adeptes d’intelligent dance music (IDM) heureux en proposant You’ll Be Safe Forever; premier album de Locust depuis 2001. Retour très réussi, diront les amateurs des deux complices; hommage beaucoup trop dirigé vers le passé, diront certaines autres critiques défaitistes. L’auteur de la présente chronique se positionne clairement dans la première catégorie.

Quoi qu’il en soit, les admirateurs du travail de Van Hoen et de Sherman ne devraient certainement pas être déstabilisés par la nouvelle proposition de Locust, After The Rain, qui nous propulse directement dans un univers fantastique très sombre aux allures d’un film noir. En écoutant l’album, on peut très bien s’imaginer interpréter le rôle d’un détective privé un peu éméché, déambulant la nuit dans les rues d’une ville de New York futuriste. Sur To Lonely Shores, on réalise avoir pris un mauvais raccourci et on se retrouve maintenant sur un trottoir mal éclairé qui longe l’Upper New York Bay. On devient alors paranoïaque sur Shadows Cast By Planes, car on réalise qu’on est maintenant pris en filature. Complètement paniqué et désorienté sur I’ll Be There, on cherche à semer nos assaillants. Le matin se lève sur Sorrow Stays… Était-ce un rêve ?

La réussite d’After The Rain ne réside pas seulement dans son potentiel à faire rêver, elle s’appuie aussi sur une cohésion musicale remarquable (chacune des chansons s’inscrit dans un tout très cohérent), sur l’utilisation du piano (par exemple sur Snowblind, To Lonely Shores, Shadows Cast By Planes, etc.) qui se combine à merveille aux échantillons électroniques, boucles et autres sonorités générées par des synthétiseurs d’une très grande qualité. Pour sa part, la section rythmique de l’album soutient à la perfection l’univers harmonique proposé par Van Hoen et Sherman. On se rapproche davantage d’un album ambiant qui se structure principalement sur des bases électroniques, mais qui s’inspire grandement du post-rock.

Si l’excellent Syro d’Aphex Twin aura su attirer l’attention de plusieurs en 2014, ce serait une erreur monumentale d’ignorer After The Rain en raison de son statut plus underground. À l’instar d’autres albums électroniques parus cette année et qui sont d’une qualité exceptionnelle (voire Patashnik 2 de Biosphere ou l’album homonyme de Clark), il est fort à parier qu’After The Rain obtiendra lui aussi ses lettres de noblesse et son statut d’album culte au fil du temps… Du moins on l’espère.

Ma note: 8/10

Locust
After The Rain
Editions Mego
42 minutes

www.markvanhoen.com/

Exprimez-vous!





Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.